L'abbatiale du IXe siècle

Jean-Pierre BIRAUD
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Contributions à l'étude de l'histoire de L’ÉGLISE ABBATIALE CAROLINGIENNE

DE SAINT-PHILBERT DE GRAND LIEU
de la Révolution à nos jours


Que soient chaleureusement remerciés :
Les amis de l'association "Abbatiale, mémoires pour demain" (Anne-Marie Gody, Claire Morin, Robert Francheteau, Thérèse Denis, Xavier Bartheau), pour leur concours, leurs conseils et leurs apports compétents.
Sandrine Grandjouan pour sa remarquable contribution.Gabriel Durand, Albert Leparoux, René Augé, Paul Guibert, André Picot, Gabriel Tenaud, Edith Grasset, Agnès Bernier, Jeanne Chesni, Maïse Gorp-Bossis, pour leurs précieux témoignages.
Le Père Gérard Lefeuvre, responsable des archives historiques du diocèse de Nantes, pour sa disponibilité et son aide appréciable.


AVANT-PROPOS


        L'église Abbatiale de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu a été déjà décrite dans plusieurs ouvrages mais le plus souvent surtout sous l'angle archéologique et architectural. Pour la période considérée notre propos est de présenter au lecteur des faits jusqu'alors moins connus du public, voire inédits, et se rapportant plus à la vie et à l'histoire de cette église.
Beaucoup d'éléments sont issus de nos recherches dans les archives officielles. Ils nous ont semblé pouvoir apporter un éclairage complémentaire intéressant sur cette histoire. C'est l'état de nos recherches à ce jour, le sujet n'est sans doute pas encore épuisé….
Par ailleurs quelques aînés ont bien voulu aussi apporter des témoignages soit directs, soit hérités de leurs aïeux, qui enrichissent plaisamment le texte. Qu'ils en soient très chaleureusement remerciés !
       Enfin nous restons à l'écoute et remercions d'avance quiconque serait susceptible de nous apporter informations, commentaires ou témoignages qui pourraient enrichir cette étude et à ce titre seront toujours les bienvenus.

 

L’ÉGLISE ABBATIALE CAROLINGIENNE
DE ST PHILBERT DE GRAND LIEU

 

                

 

         Au 7ème siècle le moine Filibert, qui avait déjà fondé l'abbaye de Jumièges, avait reçu mission de l'évêque de Poitiers Ansoald d'aller fonder un monastère dans l'île d'Her, devenue par la suite Noirmoutier. Pour aider Filibert à faire vivre sa nouvelle communauté, Ansoald lui avait attribué 5 "villae" mérovingiennes, nom donné au 7ème siècle à des grandes exploitations agricoles. L'une d'elles était située en un lieu appelé DEAS, l'actuelle St Philbert de Grand Lieu.
A partir de la fin du 8ème siècle l'île d'Her était la cible de fréquentes incursions de la part des Vikings. Les moines prirent alors l'habitude de venir se réfugier à DEAS, dès 815 tous les étés, puis de façon définitive en 836, lorsque le Père Abbé Hilbod décida d'y transférer la totalité de l'abbaye de l'île d'Her, avec toutes ses richesses et principalement le sarcophage en marbre contenant les restes de saint Filibert décédé en 685.
       L’église Abbatiale Carolingienne de Saint Philbert de Grand-Lieu a donc été bâtie dans l'enceinte du monastère édifié entre 815 et 839 par les moines en exil.
       L’église elle-même connut une première phase de construction de 815 à 819, puis un agrandissement du choeur et l’édification d’un déambulatoire en 837-839. Ces modifications étaient rendues nécessaires pour installer le sarcophage de saint Philibert dans une "confession". Le déambulatoire permettait l'accès des pèlerins au sarcophage sans troubler les offices des moines. La nef, incendiée par les vikings en 847, a dû être reconstruite, au moins en partie, sans doute au 10ème ou 11ème siècles (des archéologues travaillent actuellement à affiner ce problème de datation).
         Aujourd’hui cette église est unanimement reconnue par les historiens et les chercheurs comme un monument archéologique exceptionnel ; elle reste un spécimen rare et exemplaire des édifices religieux construits entre le 9ème et le 11ème siècles : parmi les 3 ou 4 sites qui peuvent encore être visités en France, c’est le monument le plus représentatif par sa forme et ses dimensions d'origine (surface et volume) si bien préservées à ce jour. Témoin prestigieux et unique, à la fois de la christianisation de notre région, et de l’architecture de l’époque carolingienne, l'église Abbatiale de St-Philbert de G.L. mérite, à ces deux titres, le plus grand respect de la part de tous.

 


1 - L'ÉGLISE
1.1 - de 1794 à 1869

 

         L'église Abbatiale avait servi de hangar à fourrages pendant la Révolution, et de ce fait avait été protégée, au cours de cette période troublée, d'une destinée plus funeste qui avait frappé beaucoup d'autres églises.

       Néanmoins le curé Léauté nous explique dans un écrit de 1797 ce que l'église avait subi en 1794 : "La guerre civile étant dans tout le pays de Retz, du Poitou et de l'Anjou, qui se battait contre les ennemis de la religion et du trône, en 1794 l'ennemi gagne le pays et notre église fut pillée, les registres brûlés et dispersés, les vases sacrés et ornements volés, les autels et statues renversés, les vitres de l'église brisées et le saint temple tout dégradé".
      A partir de 1797 l'église de Saint-Philibert-de-Grand-Lieu put retrouver peu à peu son rôle d'église paroissiale. Une première messe avait été autorisée en 1795, mais de nouveaux troubles avait fait que toute célébration avait été interdite à nouveau.
       Une autre occasion se présenta en décembre 1799 : les Chouans (d'origine bretonne), après s'être emparés de Nantes, "vinrent camper à St Philbert. Leur chef ordonna au curé Léauté de chanter une grand'messe, à laquelle assistèrent un grand nombre de fidèles heureux de cette bonne fortune". Mais il fallut attendre Pâques 1801 pour que puisse être célébrée librement une première grand-messe solennelle.
      A cette époque l'église abbatiale avait un clocher . Dès 1802 la municipalité s'employa à faire restituer à l'église "une de nos anciennes cloches" confisquée pendant la Révolution et "qui était pour lors dans la cour de la Monnaie" (à Nantes). Cette première cloche fut remise à sa place dans le clocher vers la fin de 1805, en attendant que deux autres viennent en compléter l'harmonie en 1833.
     Depuis la Révolution les ressources de la paroisse comme celles de la commune étaient exsangues et pendant plusieurs années les travaux d'entretien qui auraient été nécessaires avaient été négligés. Outre des "dégradations habituelles, oeuvre du temps, l'abbatiale "avait été victime de cataclysmes anormaux qui s'étaient abattus sur la contrée" (cyclone en novembre 1798, tremblement de terre en janvier 1799).
      Des désordres apparaissaient dans la charpente et dans le haut de certains murs, la partie nord-est du déambulatoire était même écroulée. De grosses réparations, voire la reconstruction de certaines parties, devenaient impératives. En avril 1803 la commune chargeait "l'architecte NAU d'entreprendre et de diriger les travaux" les plus pressants (2). En 1836 il fallut reprendre les couvertures qui avaient beaucoup souffert d'un violent ouragan : des chevrons avaient été emportés, le clocher avait été aussi endommagé.
      En 837 un calvaire avait été érigé par le Père Abbé Hilbod en avant de l’abbatiale pour marquer "la limite en-deçà de laquelle les femmes n'étaient plus autorisées à aller et les marchands à tenir leurs étals ". Nous n'avons pas pu déterminer jusqu’à quelle époque il a existé. On sait par contre que pendant la Révolution un Arbre de la Liberté fut planté sur cette place.
Vers 1803/1804 (était-ce pour rappeler celui de l'Abbé Hilbod ?) un nouveau calvaire fut dressé au même endroit que celui de 837 devant l'église abbatiale. L'emplacement de ce calvaire est encore visible sur le cadastre de 1843 et sur un plan de l'architecte NAU de 1852. Mais il ne figure plus sur un plan d'alignement de 1891
      En 1805 on plaça une chaire, on reblanchit à la chaux les murs de l'église et ceux ce la sacristie (2). Cinq nouvelles stalles furent installées dans le choeur, et en 1813, à la demande de la municipalité, un banc fut placé face à la chaire, qui fut le banc de la mairie.
Au curé Léauté, qui avait assuré les premières remises en état, succéda en 1827, l'abbé Gandon (sa nomination par l'évêque est agréée par une ordonnance signée par le roi Charles X en son Château des Tuileries le 18 mars 1827).
    A cette époque l'église possédait 400 chaises. Le nouveau curé fit installer en 1833 soixante bancs. Il meubla aussi la sacristie, et plus tard il acheta divers objets pour les cérémonies, ainsi que des ornements, des chapes, des bannières, etc.
    La paroisse possédait déjà un certain nombre de reliques (voir encadré), dont une de la Vraie Croix. Toutefois il semble bien qu'elle n'était encore bénéficiaire d'aucune relique de son saint Patron.. Le nouveau curé va entreprendre de combler cette absence.
Dans son livre écrit en 1924, G. Brunellière écrit qu'en 1838 l'abbé Gandon était allé solliciter l'évêque d'Autun, Monseigneur d'Héricourt, et qu'il était revenu porteur de "deux fragments d'os". Selon lui ces reliques avaient été placées, "avec d'autres reliques" dans "deux reliquaires en bois doré de style ogival, celles de saint Philibert étant mises un peu plus tard dans un autre en cuivre doré" .
   Dans une lettre du 1er septembre 1838 à l'évêque le curé demande l'autorisation de faire plusieurs processions dont "une aussi le jour de notre fête patronale et d'y faire porter la sainte relique se saint Philbert par les fidèles"(7). Le 6 octobre 1838, il réitère sa demande d'autorisation de faire la procession solennelle "des reliques de saint Philbert" le jour de sa fête, quoiqu'elle ne fut pas encore en usage, puisque nous n'avons eu que cette année le bonheur de nous en procurer, et que cette procession n'a eu lieu que le jour de l'inauguration (en août 1838), mais comme elle a été faite avec une grande solennité, et que mes paroissiens s'y sont portés avec la plus grande joie…."
     Lors d'une visite pastorale (copie non datée) de Mgr de Hercé (évêque de Nantes 1838-1849) celui-ci relève dans la longue liste des reliques quatre de saint Philbert.
Une autre relique semble être parvenue plus tard. Le 23 décembre 1850 l'abbé Gandon écrit à son évêque : "j'ai appris par une lettre de M. le curé de Tournus que notre relique est toujours à l'évêché d'Autun". Le 9 septembre 1851 il demande à un abbé Godard (à l'évêché d'Autun ?) de lui "adresser l'authentique des 2 petites reliques que vous avez bien voulu ajouter à celle de notre bienheureux patron, il y a quelques mois".
     Or nous ne voyons aujourd'hui dans le reliquaire que deux fragments : le plus gros pourrait être une phalange de doigt, le second, plus petit, est une parcelle d'os, mais seule une expertise pourrait déterminer la nature exacte de ces 2 fragments.
     Cette grande procession des reliques à travers la paroisse eut lieu alors tous les ans pour la fête du saint Patron, "autour du 20 août" (2), en fait le dimanche le plus proche de cette date. Dans l'intervalle les reliquaires étaient confiés à la garde des religieuses de la Communauté Saint-François-d'Assise, au moins jusqu’à la construction de la nouvelle église paroissiale en 1869. (voir plus loin).



LES RELIQUES A ST-PHILBERT DE GRAND-LIEU

 

     En mai 1689, lors de sa visite canonique, l'archidiacre du diocèse avait noté "la reconnaissance, dans une petite boîte, de reliques d'os, gros comme le petit doigt, des martyrs saint Felicissime, saint Simplice et saint Magne", avec "dans le fond un authentique de Rome". La boîte était "dans une petite armoire dans le mur du choeur" mais "il n'y avait pas de scel qui les cachetât. L'archidiacre y mit un cachet et ferma l'armoire ".
    Ces reliques ont sans doute disparu pendant la Révolution, en tout cas on ne les retrouve pas aujourd'hui parmi les quelque 25 reliques conservées, en dehors des 2 de saint Philibert, dans les 3 reliquaires évoqués plus haut et encore existants.
    Le 9 juillet 1836 l'abbé Gandon demande par lettre à un abbé Gély (sans autre indication) des  précisions sur une relique de saint Denis qu'il "a reçue de lui". Entre "saint Denis l'aréopagyte et saint Denis de Paris", lui-même "penche pour saint Denis de Paris, qui sera donc vénéré" à Saint-Philbert. On ne la retrouve pas non plus.
    Le 18 mars 1851 l'évêque de Nantes, répondant à une sollicitation du curé de St-Philbert, l'autorise à "exposer à la vénération des fidèles une parcelle de la Vraie Croix dont l'authenticité à été reconnue par nous (évêque de Nantes)". Elle est incrustée au dos d'une croix d'autel en bronze argenté et doré offerte à l'église en 1829 par la famille d'Escrots d'Estrées.
Aujourd'hui, dans le reliquaire de saint Philibert, on voit aussi une relique de saint Gildas, et curieusement une sous une seule étiquette indiquant "saint Second (ou plutôt Secondel) et saint Friard". Il s'agit des 2 reliques dont l'abbé Gandon demande en septembre 1851 "l'authentique" à un Abbé Godard, dont il ne mentionne ni l'adresse (à l'évêché d'Autun ?) ni à quel titre il a autorité pour délivrer de tels certificats.
      Les 2 reliquaires en bois montrent chacun 11 reliques diverses, toutes référencées (sauf 2 illisibles), mais sans date d'arrivée dans la paroisse, et dont la liste détaillée nous paraît sans intérêt ici.
       Ces 3 reliquaires ont été présentés à la dévotion des fidèles tant que des processions (pour la fête du Saint et les Fêtes-Dieu notamment) eurent lieu, c'est-à-dire jusque dans les années 1970/1971. Les 2 dernières années elles se déroulèrent dans la cour de l'école N.D. de la Clarté. L'augmentation du trafic automobile en particulier rendait impossible le déroulement dans les rues du bourg de telles manifestations qui rassemblaient des milliers de personnes.

      Petit à petit l'accroissement de la population pratiquante rendait nécessaire un agrandissement de l'église (en 1833 la commune compte déjà 3.200 habitants). Allait-on restaurer et agrandir l'abbatiale ou construire une nouvelle église paroissiale ? Le curé Gandon et le maire M. de Couëtus étaient partisans de l’agrandissement et de la reconstruction partielle.
Les travaux d'agrandissement et de restauration furent décidés conjointement par le conseil de Fabrique (délibération du13 avril 1852), et Conseil Municipal (délibération du 30 mai 1852).
Le premier estimait que "la reconstruction du choeur de l'église est tout à fait urgente". Il vote à cet effet 10.000 Frs" et demande un secours sur fonds d'Etat. De son côté le Conseil Municipal "reconnaît la nécessité d'agrandissement et de réparations de l'église et vote un crédit de 20.000 Frs".
     Un plan fut commandé à l’architecte NAU. Dans un rapport de visite des lieux du 26 mai 1852 il note : "le choeur de l'église est dans un état déplorable : il menace même la sûreté. Au-delà du choeur sont des ruines. La couverture est aussi mauvaise que possible".

Voici les travaux qu'il propose :
- "La réédification monumentale du choeur de voûte en pierre, cinq croisées, des contreforts, tout ce qui constitue un style en rapport avec celui du reste de l'église.
- La réédification des sacristies auxquelles on consacrera l'ancien chemin de la crypte
restaurée.
- La reprise de la couverture avec revue de la charpente et quelques réparations indispensables"
.


     M. NAU remit au maire le 12 décembre 1852 "les plans et devis du projet d'agrandissement et de reconstruction d'une partie de l'église de St-Philbert que vous m'avez demandés". Dans la même lettre il confirmait "le manque de solidité de la partie qui doit être reconstruite". Il prévoyait aussi que "toute la partie neuve de l'église serait voûtée" et se disait attaché "à rien faire qui fut en désaccord avec son style très ancien et très curieux". Il estimait le coût à 73.500 francs. "Cette somme sera réduite de 3.024 Frs si la commune peut se charger des charrois".
     Tour à tour le Conseil Municipal (27/01/1853) et le Conseil de Fabrique (6/02/1853) approuvent les plans et devis de M. NAU et sollicitent l'aide du gouvernement. Répondant au Préfet qui lui demande son avis, l'évêque conclut que "l'église est trop étroite pour la population qui la fréquente, que la partie orientale de l'église est peu solide et offre de larges lézardes qui demandent des réparations considérables".
      Ce projet provoqua beaucoup d'hésitations et fut longuement discuté. Il pouvait paraître moins onéreux que la construction d’un nouvel édifice. Le 10/12/1854 le Ministère modifia le plan NAU considéré comme trop coûteux : il demandait notamment la "suppression du couloir circulaire autour du choeur" (!), ce qui aurait défiguré à jamais cette partie significative de l'état d'origine de l'église..
     Le Conseil de Fabrique prévoyant avait décidé dès 1853 l'augmentation de la location des chaises et des bancs "pour aider à la restauration de l'église". Il organisa aussi une souscription qui procura dans un premier temps la somme de 10.000 Frs, somme que le Conseil ne désespérait pas de voir encore grossir. Il escomptait en outre un apport de 7.000 Frs de la part d'une association de paroissiens.
     En novembre 1854 l'architecte NAU signale dans un rapport au Ministre des Cultes que les Conseil de Fabrique et Conseil Municipal "consentent quoiqu'à regret aux modifications demandées et ont trouvé le moyen d'augmenter leurs ressources".
Le 3 mars 1855 le Ministère des Beaux-Arts, sollicité d'abord pour une aide de 25.000 F., demande ramenée à 15.000 F., annonce finalement à l'évêque de Nantes qu'une subvention de 7.000 Frs est accordée à la commune de Saint-Philbert "pour travaux de restauration et d'agrandissement à l'église"… mais à condition que les apporteurs de fonds (la paroisse en particulier) apportent une part plus conséquente.
Au 3 avril 1856 l'abbé Gandon détaille ainsi les ressources locales :
- Commune 20.000
-  Fabrique 10.000
- Souscription 12.000 ("somme qui devrait être dépassée", assure l'abbé)
- Charrois 3.000 (assurés par les paroissiens)
Mais à la même date, le Ministère n'a toujours rien versé des 7.000 Frs promis en 3 annuités. Le curé s'en plaint à son évêque et lui demande "s'il y aurait lieu d'espérer une somme plus importante si M. le Maire et moi faisions le voyage à Paris….". L'évêque déconseille fortement cette démarche, qu'il estime inopportune et vouée à l'échec.


   

Archives municipales St Philbert de Gd Lieu

Reproduction photographique J.-P. Biraud

 

    Ce Plan d'Alignement a été établi en 1856 par F.T. POISSON, agent-voyer de la commune.
On y voit nettement le projet de la commune de créer autour de l'église un "boulevard pour l'isoler d'ignobles masures". Les parties en jaune désignent les immeubles qui devaient disparaître. La destruction prévue des 2/3 du prieuré ne fut heureusement jamais mise à exécution.
Les autres démolitions programmées n'eurent lieu que bien plus tard : en 1941 pour la maison qui était devant le côté gauche de la façade de l'église ( interdiction fut faite par le Ministère au propriétaire Victor Denis de reconstruire à cet emplacement).En janvier 1982 ce fut le tour de la rangée des 3 maisons en enfilade perpendiculaire à la façade sud, avec leurs dépendances (la première ne touchait pas l'abbatiale mais une barrière fermait l'accès aux dépendances, qui, elles étaient accolées au monument).
     Une quatrième dans le prolongement de celles-ci ainsi qu'un autre bâtiment du côté de la Souchais furent rasés en 1958 pour construire le marché "définitif". En 1969 ce bâtiment fut transformé en salle de fêtes municipale, appelée la "Salle de l'Abbatiale".
On peut voir enfin le projet de tracé de l'actuelle "rue de la Poste". Elle s'arrête aujourd'hui à la place de l'Eglise, mais en 1856 il était prévu qu'elle rejoigne en ligne droite le presbytère, déjà situé à son emplacement actuel.
      A la mort de l'abbé Gandon, l'évêque nomme pour le remplacer l'abbé LERAY (nomination agréée par une ordonnance de Napoléon III, signée au Palais de St-Cloud le 17 octobre 1857) (7).
Dès son arrivée le 8/11/1857, le curé LERAY trouve une majorité de gens mécontents à l'idée de voir reconstruire l'église à la même place. Les habitants suggèrent qu'elle soit reportée plus au centre de la ville, en face de la route de Machecoul. Après examen il trouve irréaliste le projet Gandon. Son argumentation bien charpentée en convainc M. CORMERAIS, (le maire depuis 1855). Il écrit :
- "L'église actuelle, quoique grande, est cependant trop petite pour les messes solennelles et elle est toujours pleine aux premières messes et aux vêpres du dimanche,
- Pendant la reconstruction, lorsqu'on aura détruit une moitié du bâtiment et que dans l'autre moitié, on aura retranché l'emplacement d'un choeur et d'une petite sacristie provisoire, quelle place restera-t-il pour les assistants ?
- Si les paroissiens ne peuvent trouver place à l'église ils iront dans les paroisses voisines, ou n'assisteront pas aux offices, ce qui est d'un effet déplorable du point de vue religieux,
- Si pour donner l'abri aux assistants il faut construire extérieurement une baraque provisoire, les frais ne feront que se rajouter inutilement,
- Est-il bien sûr qu'en coupant l'église en deux la partie qui restera debout se soutiendra seule dans l'état de détérioration où elle se trouve,
- Au point de vue financier, pendant tout le temps de la reconstruction, les ressources de la Fabrique se trouveraient considérablement amoindries, au moment même où elles auraient besoin d'être plus considérables,
- Dans le cas de reconstruction sur un autre emplacement, aucun de tous ces inconvénients ne se présenterait"
.


     Il est alors décidé de construire “300 mètres plus loin” une nouvelle église, dont le plan, établi par l'architecte NAU, est approuvé en 1858 (on ne sait pas s'il s'agit du même architecte qu'en 1803, ou, par exemple, de son fils ? ).
     Les terrains nécessaires sont expropriés en 1859 et on commence le tracé de la place et des rues adjacentes. L'édification commence en 1862, et sera heureusement assez avancée pour y transférer le culte paroissial en 1869.
Pour le Conseil Municipal il devenait urgent, en août de cette année-là, de finir les travaux de la nouvelle église, car “l’ancienne menace ruine : une des fermes s’est échappée de dessus les murs ; ceux-ci surplombent de près de 50 centimètres. Une fente du mur du choeur de haut en bas présente une ouverture de dix centimètres au moins. Elle s’agrandit par suite d’un incendie récent qui a calciné les pièces de bois qui soutiennent une ouverture faite autrefois sans intelligence dans un gros mur... La population commence à s’effrayer, etc.”.
     Déjà en 1861 un incendie avait détruit "une des sacristies" de l'église Abbatiale. Le Conseil de Fabrique du 23 novembre constate "la destruction de 11 chapes, 4 dalmatiques l'habit et les attributs du Suisse, etc". L'assurance devant rembourser les dommages sur le bâtiment et le mobilier, "le curé propose d'utiliser l'indemnité au rachat de 7 chapes, ….l'uniforme du Suisse petite et grande tenue,… divers objets d'ornementation, etc. Le Conseil approuve …" .
Au décès de M. NAU en 1865, la suite du chantier de la nouvelle église a été confié à un autre architecte, son collaborateur M. BOISMEN .
    Celui-ci se passionnait pour l'Abbatiale. "Il était intrigué par quelques claveaux visibles à l'est et dans l'axe du choeur. A l'est il s'agissait du haut de l'arc de l'entrée est de la crypte". Il constatait aussi que personne ne semblait s'intéresser à ce sarcophage dont les écrits mentionnaient qu'il avait été enfoui dans la "confession" en 858. C'est l'année où, de nouveau pourchassés par les vikings, les moines partaient s'installer à CUNAULT, en y emportant les reliques du saint, après avoir comblé la confession pour éviter toute profanation du sarcophage que l'on y avait laissé. Or on ne trouvait aucun texte ou autre élément qui aurait pu donner à penser que le sarcophage ait pu être exhumé depuis 858.
     En 1865 le sol de l'Abbatiale était au niveau de la bande blanche visible sur tous les murs. Le niveau d'origine (9ème siècle) se trouvait environ 1,50 mètre au-dessous de cette bande blanche (c'est à dire approximativement le niveau actuel reconstitué après les fouilles du RP De La CROIX et les restaurations en 1902). BOISMEN entreprit de creuser et finit par redécouvrir la confession et le sarcophage qui serait ainsi resté enseveli pendant un peu plus de 1000 ans.
S'appuyant sur le fait que les pèlerinages se sont poursuivis pendant le moyen-âge, une nouvelle hypothèse se fait jour. Certains, en particulier Pierre LEBOUTEUX, auteur en 1963 d'une thèse sur notre église Abbatiale, en arrivent à penser que le sarcophage aurait pu être dégagé par les moines et proposé à la dévotion des pèlerins fin 12ème ou début 13ème. Il aurait été enfoui de nouveau par exemple au moment des guerres de religions et jamais réexhumé avant 1865.

 

1.2 – de 1869 à 1936
L'église Abbatiale utilisée comme
halle de marché !

 


      L'Abbatiale perdit donc sa fonction d’église paroissiale en novembre 1869, au profit de la nouvelle église néogothique. On a dit que certains (dont quelques élus) avaient alors pensé que ce bâtiment devenu sans objet pourrait fournir les quantités de pierres nécessaires à la réfection des chemins ruraux et à la construction de plusieurs voies nouvelles, dont le besoin se faisait sentir. Les archives n'y font pas allusion, mais elles précisent par contre que la "majorité des élus" s'est finalement ralliée à la proposition du maire qui estimait que "cette vaste nef ferait une belle halle de marché".
       En effet la commune, lasse d’un conflit qui durait depuis 15 ou 20 ans avec le propriétaire de la halle privée qui abritait jusque-là le marché hebdomadaire, trouvait ainsi une solution qui lui évitait d’avoir à construire une halle neuve.
Décembre 1869 : “le marché a été transporté dans la vieille église telle quelle, mais elle est trop sombre et trop élevée”.

      L'architecte BOISMEN est chargé d'étudier l'adaptation des lieux à l'exploitation du marché. On enlève le lambris du plafond, puis toute la toiture et les charpentes. Et c'est là que le monument va subir la plus grave mutilation volontaire de toute son existence.
     En effet le haut des murs était plus ou moins délabré et on pouvait craindre que certaines parties ne s'effondrent. Pour éviter toute chute de pierres, au lieu de consolider on va araser sur 3 mètres le haut de tous les murs. La toiture et la charpente démontées seront ensuite réinstallées. La toiture sera percée de 16 grandes verrières pour un bon éclairage du marché. Elles ont été progressivement obturées entre 1947 et 1994.
     Par ailleurs un mur de 3 m. environ de haut fermera le choeur et le déambulatoire au droit de l’arc séparant le choeur du transept, une large porte avec arcade étant ménagée au milieu de ce mur. Cette clôture sera destinée à protéger la partie la plus sacrée du monument, à savoir le choeur, les chapelles latérales, la confession et le déambulatoire.

 


(Plan aux archives de la mairie, photo Mieusement aux archives de la Médiathèque du Patrimoine à
Paris ).Archives municipales St Philbert de Gd Lieu, reproduction photographique J.-P. Biraud

Plan d'alignement de 1891 (dressé par M. Moncuit, agent-voyer)


     La place qui est devant l'Abbatiale s'appelait jusqu'en 1869 "Place de l'Eglise". Elle deviendra ensuite "Place de la Halle". En 1904/1905 on parle de la "Place du Prieuré" . Elle prendra le nom de
"Place de l'Abbatiale" en 1936.
     La rue qui, devant le prieuré, descend vers la Boulogne s'appelait "rue du Prieuré" encore en 1891, avant d'être appelée "rue de l'Abreuvoir" au début du 20è siècle. A. Picot nous a dit qu'elle avait aussi porté à une certaine époque le nom de "rue de la Jeudonnerie", sans que nous ayons pu savoir à quel moment elle s'appelait ainsi, ni quelle pouvait être la signification de ce mot.
En plus de la nef affectée au marché, une autre partie de l’abbatiale a dû servir à d'autres usages, du moins un certain temps. En 1873 un certain A. Cailleteau réclame pour “ la mise hors d’eau de la partie des halles” à lui affermée pour entreposer son bois et voudrait “aussi agrandir sa location”. On ne sait pas la réponse qui lui fut faite.
    Le 20 juin 1871 les "vieux bois" font l'objet d'une "vente volontaire aux enchères dirigée par Maître Isidore Greslé, huissier" mandaté par le maire Cormerais : l'état établi par l'huissier mentionne 27 lots de bois divers, plus des poutres, des lambris, des planches, etc. pour un total net de 1.065.70 francs.

    Et c'est ainsi que la nef de notre église abbatiale va être utilisée de 1869 à 1936 comme halle pour abriter le marché communal hebdomadaire. Tous les vendredis on y vend le matin le beurre et les oeufs, l'après-midi les poulets, canards, lapins, pigeons. "A l'extérieur se tenait un marché aux fruits, légumes, vêtements…." ainsi que, un peu plus loin un marché aux
porcs.

 


Le marché dans l'Abbatiale
 

L'ancienne sacristie fut aménagée comme logement pour le garde-champêtre, ainsi qu'en témoignent les grandes fenêtres à petits carreaux et la trace d'une cheminée. Le gardechampêtre et sa famille y accédaient avec une échelle extérieure, à travers une de ces fenêtres. Thérèse Denis, enfant à l'époque, se souvient qu'elle partait à l'école avec une enfant du garde-champêtre qu'elle voyait descendre de cette manière du logement.
       Selon certains témoignages oraux, l'abbatiale sera aussi utilisée ponctuellement à d'autres fins : comme salle de bal, salle de repas collectif pour les enfants de communion, de banquet de mariage. On peut également supposer que l’Harmonie St-Michel s’y produisait quelquefois, une archive nous dit que ce fut le cas le 6 décembre 1931, pour son concert de la Ste-Cécile.
C'était enfin parfois une aire de jeux très appréciée de quelques enfants, filles autant que garçons. Ces faits sont également rapportés dans un article de presse locale en 1961.
     Si la décision de la commune de transformer l'ancienne église en halle a été prise sans hésitation, elle ne semble pas avoir ému le clergé local ou diocésain, dont on ne trouve aucune trace de réticences qu'il aurait manifestées. Pourtant cette solution devait en réalité s’avérer la moins mauvaise, puisqu'elle sauvait une fois de plus le monument d’une destruction plus ou moins probable.
     On verra plus loin dans quelles conditions l’Abbatiale sera classée "Monument Historique" le 15/04/1896.
    Après une campagne de fouilles et de restaurations qui vont durer de 1898 à 1903, on retrouvera le marché installé de nouveau dans l’Abbatiale. Le Conseil Municipal du 8/11/1903 précise qu’il se tiendra “dans la nef et les bas-côtés le vendredi jusqu’à nouvel ordre, et que des dispositions sont prises pour qu’aucune détérioration ne soit commise”.
     Le mur décrit plus haut a été supprimé, mais l'architecte des Monuments Historiques Déverin, qui a supervisé toutes les fouilles et les restaurations, décide que le transept et le choeur doivent être "réservés". La nef et les bas-côtés sont maintenant “isolés du transept et du reste de l’église, parties réservées aux visiteurs et aux pèlerins, par des claires-voies en bois” que l'on voit sur certaines cartes postales anciennes.
     C'est par cet argument que Déverin s'efforce de rassurer l'Inspecteur des Antiquités et objets d'art, qui en 1912 conteste l'utilisation de l'abbatiale comme marché, compte tenu, dit-il, des risques pour les objets en question.
En 1917 on refait les toitures des bas-côtés qui n'avaient pas été faites lors des restaurations. D'autres travaux de toiture sont exécutés par l'entreprise Lebouvier en 1926.

    Un document daté de 1926 indique une nouvelle affectation pour le monument : "Musée et marché aux volailles".
   En 1934 l'entreprise Lefort-Francheteau est chargée d'autres travaux sur la toiture, et l'entreprise Prin de réparations sur les verrières.


QUELQUES TÉMOIGNAGES... (recueillis en 1998 par Anne-Marie GODY et publiés dans Abbatiale Actualités n° 6 avril 1998)
    Des témoins oculaires nous ont raconté que l'Abbatiale servait parfois pour des banquets de mariage, et qu'elle était souvent une belle aire de jeux pour des enfants du quartier.
    Vers 1925/1930 Madame Gentil, encore enfant, accompagnait sa grand-mère au marché en “tirant la cage” (la charrette renfermant les volailles). Elle se souvient de l’ambiance : “c’était honteux, les jurements, les ragots, les cris des hommes et des volailles... comme sur un champ de foire, mais c’était une église...”
    Madame Gautier aidait, elle aussi, sa mère à “tirer la cage”. Elle est encore scandalisée par le peu de respect porté au lieu, les jurons des hommes “qu’elle n’ose pas dire aujourd’hui Madame Héry “plumait les poulets que son mari élevait et menait au marché”. Les personnes présentes se souviennent, par contre, avec respect de son mari vendeur : “il avait de la religion “.On raconte aussi qu’avant 1935, un couple qui ne pouvait plus payer son loyer avait “squatté” l’Abbatiale, ce qui avait été très mal jugé par la population.
    Un droit de place était perçu et l’affectation des emplacements assurée énergiquement par une femme autoritaire, sage-femme de son état, “qui (ce jour-là) faisait peur” aux enfants présents.Les tractations étaient difficiles, les acheteurs négociaient durement les prix. Si ceux-ci baissaient trop, on repartait avec sa marchandise. Quand la vente était conclue, on livrait la marchandise dehors jusqu’au camion du marchand acheteur
.

      En 1924 l’Abbé Brunellière écrit “qu’incessamment une nouvelle halle sera construite, élégante et simple”, et prévoit des futurs pèlerinages dans l’abbatiale rendue à sa véritable vocation.
     L’idée de rendre l’Abbatiale à sa vocation d’église doit commencer à faire son chemin. Mais il faut attendre le printemps 1930 pour voir commencer à se manifester l'intention de la municipalité de construire une halle nouvelle. Le maire, après différentes recherches, se voit proposer 3 terrains. L'un d'eux, qui paraît le plus adapté, est expertisé le 11/08/1930 et fait l'objet d'une promesse de vente à la commune en date du 17/08/1930.
    Le 07/09/1930 le Conseil Municipal, “selon le désir exprimé par l’unanimité des conseillers municipaux”, accepte cette promesse de vente pour “sortir le marché de l’ancienne église, qui a été
déclarée Monument Historique en l’année 1896 ; les visiteurs de ce beau monument sont certainement étonnés de voir cet état de choses durer indéfiniment”.
    Ce terrain est situé “Place du Port, d’une surface de 850 m2", et le projet va soulever de fortes protestations de toute une partie de la population. Une contre-proposition ne recueille pas plus d’assentiments, au point que le Conseil abandonnera son projet en attendant de trouver une meilleure idée.
    La démarche de la municipalité a donc été un peu antérieure à un article virulent publié le 31/08/1930, par le journal LA CROIX, sous la signature de PIERRE L'ERMITE (de son vrai nom chanoine (à l'époque) Edmond LOUTIL), sous le titre “Larmes des choses” (texte disponible au Centre de Documentation). L’auteur a été scandalisé par l’utilisation faite de l’Abbatiale qu’il vient de visiter, et de son environnement. Il laisse éclater sa colère contre le sort réservé à ce “joyau de l’art carolingien”, et à un “saint national dont plus de 100 de nos églises portent le nom”.
Peu avant le Touring Club de France s'était, de son côté, adressé au Ministre des Beaux-Arts, sur le même registre que l'article de Pierre l'Ermite, pour "protester véhémentement contre l'état déplorable où se trouve le monument".
    On peut quand même penser que ces deux événements n’auront pas été sans influence sur l'évolution des comportements dans les années qui vont suivre.
    Le 19/10/1934 le Conseil Général de Loire-Inférieure saisit l’occasion d’une demande de subvention pour des travaux de restauration dans “l’ancienne église de St-Philbert de G.L., édifice classé” pour critiquer fermement l’utilisation qui en est faite.

DÉLIBÉRATION DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LOIRE INFÉRIEURE
en date du 19 octobre 1934.


     "L’intérêt exceptionnel de ce monument historique justifie amplement le geste du Conseil Général. Ce dernier doit s’en autoriser pour réclamer du Ministère de l’Education Nationale, aussi bien que de la Municipalité de St Philbert de G.L., les soins et le respect qu’exige une de plus vieilles églises d’Europe. Dans ses parties les plus anciennes, elle remonte en effet à la première moitié du IXème siècle. C’est une église carolingienne unique en France. Son intérêt archéologique est incomparable. Une revue illustrée la présentait récemment encore comme une merveille de l’art préroman.
       "Or ce monument sans rival a reçu l’utilisation la plus déshonorante : cette église désaffectée est devenue le marché municipal de St Philbert. Dans cette enceinte, dont les pierres remontent presque à l’époque de Charlemagne, le visiteur, auquel le débitant du coin de la place a bien voulu remettre la clef, se heurte à des bancs, à des clôtures dignes d’un champ de foire, à des récipients variés, à des détritus de toutes sortes jonchant le ciment sali qui remplace presque partout le vénérable dallage de pierre de la primitive église.
      "Il est du devoir de notre assemblée de rappeler au Conseil Municipal les exigences dans la tenue d’un édifice que partout à l’étranger, l’on considérerait comme un patrimoine sacré.
"Il nous incombe également de demander aux Inspecteurs des Monuments Historiques, qui n’ignorent pas tout le prix de cette église, qu’ils veillent avec plus de sollicitude sur elle, et, puisque l’occasion se présente de modifier l’aspect de la couverture, nous espérons qu’ils s’efforceront de lui enlever celui de halle aux marchandises et de lui rendre son caractère de toiture d’église.”


1.3 – de 1936 à nos jours.
De nouveau une église consacrée.


    L'utilisation de l'église abbatiale carolingienne comme marché ne signifie pas que le culte de saint Philibert ait été abandonné.
   Entre 1870 et 1936, la dévotion des philibertins et des pèlerins envers le saint Patron de la paroisse avait continué. De nombreux ex-voto, aujourd'hui par malheur disparus dans les années 1950/1960, couvraient tout le mur nord du déambulatoire, de part et d'autre de la porte d'accès à la confession.
    Il était aussi de tradition que, tous les ans, le dimanche d'août le plus proche du 20 (fête de Saint Philbert), un pèlerinage sous forme de procession solennelle parte de la nouvelle église après les vêpres, pour se rendre à l'église abbatiale.
   Pour cette procession on portait, outre les bannières, la statue du saint et le reliquaire contenant les 2 reliques de saint Philbert (mais aussi 1 de saint Gildas, 1 de saint Second et 1 de saint Frigard).
   Le lieu saint était nettoyé pour ce jour-là et une barrière en bois blanche séparait le choeur de ce qui était réservé à la cérémonie.La foule, à la suite du clergé et des communiantes et communiants de l'année en habit, pénétrait dans l'abbatiale où le curé disait une homélie. Puis on chantait le cantique "O Saint Philibert, dont la mémoire…" entonné par la voix forte d'Henri BITON.

(Souvenirs rapportés par l'abbé Gabriel Durand, qui a connu une partie de cette période)


    Nous sommes au début de l’été 1935. On l’a vu dans le chapitre précédent, depuis quelques années la présence du marché dans l’Abbatiale commence à poser question. On a vu le Conseil Général presser la mairie d’accélérer ses efforts pour trouver une autre solution pour son marché hebdomadaire. En même temps il tance les architectes des Monuments Historiques. L’article publié en 1930 par l’éditorialiste du quotidien national La Croix avait donné au problème un large retentissement.


     Dans ce contexte l'arrivée d'un nouveau curé en 1935 va être déterminante : “Dès son arrivée en juin 1935,... l'abbé GUILLET résolut énergiquement de changer les choses. 15 jours après son arrivée, il prend publiquement l’engagement de célébrer l’année suivante, par des fêtes grandioses, le 11ème centenaire de l’arrivée en la vénérable abbatiale du corps de saint Philibert”.


    Au cours de l'été 1935, le curé GUILLET, accompagné de 2 grands séminaristes de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Gabriel DURAND et Albert LEPAROUX, va rencontrer Pierre L'ERMITE (l'auteur du fameux article de 1930, de son vrai nom chanoine Emile LOUTIL)) à NOIRMOUTIER où il dirige une colonie de vacances d'enfants de sa paroisse parisienne. Leur conversation renforce l'abbé GUILLET dans sa conviction qu'il devait mener son projet à terme au plus vite.
    Au printemps 1936 le curé GUILLET propose à la commune la somme de 10.000 Frs pour construire une halle sur la place, « afin de sortir définitivement le marché de l’église abbatiale ». Finalement le maire et le curé se mettront d’accord pour que ce dernier fasse lui-même édifier la halle en question, dans la limite des 10.000 Frs prévus. (voir encadré page suivante).
    C'est fin 19ème/début 20ème que se situeraient 3 guérisons, inexplicables pour les médecins, dont la plus spectaculaire fut celle de Marie-Léocadie PIPAUD. En ont été témoins oculaires la grand-mère et la mère de Gabriel DURAND, Mademoiselle BIRON, propriétaire du Prieuré, la famille Denis alors voisine et qui devait hériter plus tard du Prieuré. La malade, très atteinte depuis fort longtemps, fut guérie après avoir prié saint Philbert puis appuyé son sein malade sur le sarcophage.(Souvenirs rapportés par l'abbé Gabriel Durand). La guérison de Marie-Léocadie Pipaud a été relatée quelques années plus tard par l'Abbé Jaud et par l'abbé Henri Curé, respectivement curé de Noirmoutier et curé de Tournus à l’époque des faits.


    Le 28/06/1936, le Conseil Municipal prend officiellement la décision que “le marché n’aura plus lieu dans l’ancienne église, et afin d’abriter les vendeuses une construction provisoire sera édifiée place des halles, le long de la maison Bonnet, par les soins de Monsieur le Curé qui offre un hangar de 15m.x10m. jusqu’à une somme de 10.000 Frs. Le Conseil invite Monsieur le Maire à poursuivre les pourparlers auprès du propriétaire voisin en vue d’édifier un marché définitif. Le Conseil remercie Monsieur le Curé de son offre généreuse.”
     Le 30 juin 1945, dans un panégyrique consacré au Curé GUILLET décédé fin 1944, le rédacteur de la Semaine Religieuse du Diocèse de Nantes traduira cette décision historique ainsi : “vote unanime du Conseil Municipal de Saint-Philbert consacrant à jamais l’Abbatiale Carolingienne à des usages exclusivement religieux, couronnement des démarches et des efforts tenaces de M. L’Abbé GUILLET”.
     Cette halle provisoire était faite d’une charpente métallique et de tôle ondulée. Le curé a toutefois précisé que, “la somme de 10.000 Frs étant prélevée sur les fonds paroissiaux, la commune, lorsqu’elle aura construit sa halle définitive, devra restituer le hangar en question à la paroisse”, clause acceptée par le maire de l’époque, Joseph DE LA ROBRIE.
      La halle définitive ne sera construite qu'en 1958. L'ancienne fut achetée en 1959 par un habitant de St-Philbert, mais nous n'avons pas retrouvé d'information sur le prix ni sur les conditions de cette transaction. Le bâtiment fut, paraît-il, transporté non démonté, par un groupe d'amis de l'acheteur jusqu'au lieu de sa nouvelle implantation, près du village du Verger.

 

 

L’Abbatiale sera à nouveau consacrée solennellement au culte le 11 juin 1936, pour le 11ème centenaire de l’arrivée des moines en 836 avec le sarcophage contenant les reliques de leur saint fondateur. Cet événement va donner lieu à des cérémonies et manifestations religieuses d’une grande ampleur.
   

 

Une longue procession conduit tous les paroissiens depuis le carrefour de Bonne Fontaine jusqu’à l’Abbatiale, reprenant ainsi le trajet des moines à leur arrivée en 836. On porte le reliquaire et une réplique en bois, heureusement plus légère, du sarcophage apporté par les moines en 836 (lequel pèse 2 tonnes).
       Puis une messe solennelle est célébrée dans l’Abbatiale par Dom CORENTIN, Abbé de la Meilleraye, assisté du Père Supérieur du Grand Séminaire. L’abbé LOIRAT, curé de St Jacques, et l’abbé BACONNAIS, curé de Machecoul, étaient respectivement « diacre et sous-diacre d’honneur ». Le R.P. Donatien DUGAST, de la Trappe de la Meilleraye et l’abbé Rogatien ALLAIS, étaient « diacre et sous-diacre de la messe ».
      

 

La cérémonie a lieu sur la plate-forme au-dessus de la confession. Pour y accéder on a reconstitué un large escalier en bois. Un tel escalier avait dû exister en des temps plus anciens, à moins qu'il ne se fût agi de 2 escaliers de moindre largeur de part et d'autre, comme cela figure sur certaines gravures d'autres églises anciennes. 34 ans plus tôt Léon MAITRE s'était vu refuser par la Commission des Monuments Historiques l'autorisation de reconstituer ce genre d'escalier.
       Au cours de cette messe solennelle, l’abbé BRUNELLIÈRE, érudit historien, auteur bien connu pour son "Histoire de St Philbert de Grand Lieu", prononcera une longue et vibrante homélie à la gloire de saint Philibert et de la longue pérégrination de ses moines au 9ème siècle.
      L’après-midi les Vêpres sont célébrées dans l’église paroissiale par le Révérendissime Père Abbé de Ligugé, Dom Pierre BASSET. L'orgue est tenu par l’abbé COURTONNE, titulaire du grand orgue de la cathédrale de Nantes. Le discours "plein de flamme et de fougue" du Très Révérend Père PADÉ, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, avait certainement marqué les mémoires, il nous en été parlé encore récemment
     « A ces cérémonies assistaient une délégation de Tournus, ainsi qu'un groupe important de St-Philbert-de-Bouaine avec une très belle bannière ancienne de valeur qui fut abritée chez la famille Bossis, place de l'église, entre les 2 cérémonies »" nous précise Maïse Van Gorp-Bossis.


    Ce jour-là le couvercle du sarcophage de saint Philibert avait été entr'ouvert (par M. DURAND, maçon, raconte son fils Gabriel). Différents témoins rapportent avoir vu l'intérieur du sarcophage et observé que les parois étaient couvertes d'une fine poussière, rouge brunâtre pour certains, plutôt rose pour d'autres, mais aucun ne fait mention de la présence d'une partie d'avant-bras, présence évoquée quelquefois avec une certaine conviction, dans un passé récent.
     Le 7 septembre 1936, l'abbé CURÉ, curé de Tournus, vient à St-Philbert de Grand-Lieu pour remettre à la paroisse une nouvelle relique de son saint patron : "150 grammes de poussières d'ossements, contenues dans une urne en aluminium" qui sera déposée dans le sarcophage le 27 du même mois. (A cette époque une société fabriquant des ustensiles de cuisine en aluminium, déjà célèbre et encore plus connue aujourd’hui, faisait la fierté des Tournusiens).
      Il semble que l'Abbé BRUNELLIÈRE ait été également bénéficiaire d'une relique du saint, sans que l'on sache à quelle date et de quelle nature. Après sa mort le 6 octobre 1970, la maison où il logeait seul, fut inhabitée pendant plusieurs années. Puis elle fut vendue et détruite pour faire face à une nouvelle construction. Selon le Père Albert Leparoux toutes les archives qu’elle contenait avaient été brûlées, mais qu'est-il advenu de cette relique ?
      En 1936 ont été commandés au maître verrier Jacques GRUBER 2 vitraux. L'un, dans l'abside du choeur, évoque le transfert des reliques de Noirmoutier à Déas. Il est placé dans une fenêtre étroite reconstituée à son format d’origine, alors qu’elle avait été remplacée par une autre plus grande au 16ème siècle. L'autre vitrail est dans la chapelle Sainte Anne, au fond du déambulatoire, et représente sainte Anne. Ces vitraux furent bénis le 7 juillet 1937 par Monseigneur Villepelet, le nouvel évêque de Nantes (en juin 1936 le siège de l’évêché de Nantes était vacant). En 2005, celui de sainte Anne a été saccagé par des vandales qui avaient au préalable arraché le grillage de protection extérieure.
    

 
Mgr Villepelet va bénir les vitraux de l’Abbatiale. Au premier plan, à droite, le curé Guillet

 

      En 1938 il sera envisagé de poser dans l'unique fenêtre, vraiment carolingienne d’origine, de l'absidiole sud-est (voûte en cul de four) un troisième vitrail dédié à Notre Dame de la Libération des captifs, en hommage à l'action humanitaire de saint Philbert. Le peintre-verrier LOUZIER avait déposé une maquette auprès de la Commission des Beaux-Arts en octobre 1938. La réponse de la commission semble n'avoir été donnée qu’en 1942. A ce moment-là LOUZIER se récusa et il fut fait appel à GRUBER qui donna suite, mais mourut peu de temps après. En fin de compte le projet sera abandonné en 1945.
      Par une coupure de presse nous savons que le 6 juillet 1939 on a célébré dans l'Abbatiale la reconstitution d'une "messe carolingienne" (?) au temps de Charlemagne. L'après-midi a été donné, toujours dans l'Abbatiale, "le Jeu de Daniel", un "mystère" du 12ème siècle.
Les bancs de l’église Abbatiale avaient été transférés dans la nouvelle église Paroissiale en 1869.  

    En 1939 l'Abbatiale les retrouve à la demande du curé Guillet qui avait reçu pour cela l'autorisation de Directeur Général des Beaux-Arts. Des bancs neufs étaient prévus pour meubler l’église Paroissiale.
     A partir de 1936, l’église Abbatiale sera utilisée plusieurs fois par an pour des cérémonies religieuses et en particulier de grandes solennités à l'occasion de la fête patronale, célébrée le dimanche le plus proche du 20 août et précédée d’une neuvaine de prières (célébration de la messe le matin, veillée suivie d'une procession à l'extérieur le soir). Cet usage perdurera jusque dans les années soixante, mais périclitera en raison de la baisse de la pratique religieuse.

 


    Le mercredi 20 août 1975, une vingtaine de moines de Ligugé vinrent, pour leur seule journée de vacances annuelle, célébrer dans l'abbatiale messe et vêpres, pratiquement tout en grégorien. Pour la messe l'église était archi-pleine et une foule importante qui n'avait pu entrer était massée sur la place. L'après-midi les vêpres furent suivies par une assistance similaire dans l'abbatiale mais on ne revit pas la foule qui était restée dehors le matin, et qui avait peut-être été découragée.
Aujourd’hui, il y a surtout la fête patronale, mais l’église est toujours affectée au culte catholique et doit être respectée comme telle. Pour le rappeler et lui conserver ce caractère, la paroisse s'emploie de nouveau à y multiplier des rencontres qui sont autant d'occasions d’affirmer sa qualité

de site consacré (réunions de réflexion et/ou de prière, rassemblements de jeunes, de personnes âgées, de prêtres, etc.).


   Thérèse Denis nous signale un enregistrement de cette pièce réalisé en 1996 par l'ensemble Venance Fortunat sous le titre "Daniel, opéra sacré médiéval" (Collection Conseil Régional de Normandie, réf. ED 13052 P)

     Non seulement elle reçoit de façon régulière de nombreux visiteurs attirés par son caractère archéologique hors du commun, mais également de nombreux pèlerins désireux de découvrir ce lieu saint unique en France, de s'y recueillir et de prier saint Philbert.


Animation culturelle de l’Abbatiale, mise en valeur de son environnement.


    On a vu comment les maires successifs et leurs conseils municipaux ont su s'impliquer fortement et de façon déterminante dans des périodes importantes de la vie de notre monument : que ce soit en 1870, de 1896 à 1903, en 1930, en 1936…
    En 1964 le maire Gustave PENNETIER est en relation avec Pierre PRUNET père, Architecte en chef des Monuments historiques, qui souhaite élaborer un projet de restauration de l'abbatiale en y associant M. CHOISEL, architecte départemental des Bâtiments de France. En 1970 M. PIERROT, succeseur de M. Choisel, demande avec insistance une participation plus importante de la commune à un Fonds de concours d'entretien du Département pour les monuments historiques. Le Conseil votera une contribution de 500 Francs, en promettant 700 F. pour l’année suivante.
   Plus près de nous, la mise en valeur du monument par un travail considérable sur son environnement doit tout à l'action volontariste et énergique des maires qui se sont succédés depuis la fin des années soixante et qui ont su convaincre leurs équipes municipales de l'intérêt d'une action forte en faveur de ce joyau historique qui fait la fierté de toute la population de St Philbert de Grand-Lieu et de toute la région.

 

Les Amis de l'abbatiale


    Au-delà de cette approche « visuelle », il fallait donner au monument une vie par de activités à vocation culturelle, comme cela se pratique dans de nombreux édifices religieux affectés ou non au culte. Pour l’animation culturelle, la municipalité a trouvé dès 1974 un relais de partenariat actif dans l'action menée par l'association créée cette année-là sous le nom de  "Les Amis de l'Abbatiale ».
    Les objectifs d’origine de cette dernière restent toujours de concourir à la conservation et à la sauvegarde du monument, à son animation et à sa mise en valeur. En raison d’orientations complémentaires vers tout le patrimoine bâti local, l’association devient en 2001 « Abbatiale, mémoires pour demain », puis à l’assemblée générale de 2005 « Abbatiale & Découvertes ». Pour développer ses études et recherches, elle s'est dotée d'un "Centre de documentation sur l'histoire du Haut Moyen-âge" qu'elle met aussi à la disposition des chercheurs et étudiants.


     Des concerts sont organisés tous les ans depuis 1975 avec des ensembles et des programmes soigneusement choisis pour respecter le caractère sacré de l’église. Un moment fort de la vie culturelle de l’Abbatiale a été en 1996-1997-1998 la présentation de la visite-spectacle « Les Rencontres Imaginaires de l’Abbatiale » (24 séances chaque année). Sur un concept imaginé par Jean GUICHARD et des textes de Beate ALTHENN, cette manifestation faisait revivre aux « spectateurs-pèlerins » la biographie de saint Philbert au 7ème siècle, l’histoire de l’Abbatiale avec l’arrivée des moines Philibertins au 9ème et leurs pérégrinations avec les reliques de leur saint fondateur jusqu’à Tournus. Trois acteurs professionnels étaient entourés de nombreux figurants locaux. Ce fut sans conteste une réalisation de très grande qualité dont beaucoup à St-Philbert de Grand-Lieu regrettent qu’elle n’ait pu se poursuivre les années suivantes, le Conseil Général de Loire-Atlantique, partenaire financier important,s’étant désisté.


      La commune achète le prieuré et ses dépendances.


     Au début des années 1990 Madame MARGRAFF (née Paule DENIS) habite toujours le Prieuré mais pour des raisons personnelles elle décide de le mettre en vente avec ses dépendances. La commune, qui a sollicité sans succès l'aide du Conseil Général, décide en 1993 d’acheter seule le tout pour 1.250.000 Frs. L'ensemble, avec l’Abbatiale, sera désormais désigné sous le nom de " Site de l'Abbatiale".
     Aussitôt le maire sollicite du Conservateur Régional des Monuments Historiques l'autorisation de rouvrir la porte ogivale communiquant avec le Prieuré et qui était murée de puis la vente du Prieuré comme bien national en 1793. En rétablissant ce trait d'union, on reconstitue ainsi quelque peu l'unité de l'Abbaye telle qu'elle se présentait avant la Révolution.
    En priorité les jardins sont aménagés, pour une partie en jardin médiéval avec plantes médicinales et olfactives anciennes, l'autre partie en verger
cimetière.

 

     Un peu plus tard la commune restaurera (avec l'aide de l'Etat et cette fois-ci du Conseil Général) deux salles qui seront dédiées à des expositions, conférences, etc. De nouvelles actions d’animation globale du Site sont à l’étude sous l’égide de la municipalité et regroupant l’Office de Tourisme et »Abbatiale et Découvertes ».

                                     

 

L’ÉGLISE ABBATIALE CAROLINGIENNE DE
SAINT PHILBERT DE GRAND LIEU
de la Révolution à nos jours

 

 

Début de prise de conscience