Guérison miraculeuse à Saint Philbert

        LA GUERISON DE Marie-Léocadie PIPAUD

 

 

            Le culte de Saint Philibert a été très actif pendant le XIXème siècle, et ses manifestations nombreuses à Grand Lieu.
           Quelques historiens de "Saint Filibert", parmi les plus avertis ont repris à leur compte la guérison, en 1897, de Marie-Léocadie PIPAUD, née LEMERLE. Henri CURE (Curé de St-Philbert de Tournus) et l'abbé JAUD (Curé doyen de Noirmoutier) entre autres en ont été les rapporteurs.(1)
          Dès 1839, le curé Jean-Marie Gandon a multiplié ses démarches auprès de l'évêque d'Autun, Monseigneur d'Héricourt, pour obtenir pour son église et sa paroisse des reliques de notre Saint patron. Sa peine a été récompensée car il obtint des reliques qui arrivèrent en grande pompe à Saint Philbert au mois d'août 1839 (1). Une grande procession fut organisée de la croix qui marquait la limite de la paroisse du côté de La Chevrolière et Geneston ( vraisemblablement aux “Cinq Coins”) jusqu'à l'église; pour accompagner les reliques qui furent alors placées dans un beau reliquaire en cuivre doré, conservé en l’église paroissiale.
          Marie Léocadie se maria le 16 avril 1882 (Acte N° 2 du registre des mariages) à La Limouzinière avec François Aimé PIPAUD né à La Limouzinière le 31 mai 1852. Ils eurent six enfants, cinq filles et un garçon.
             François Aimé décéda le 25 août 1897 (Acte N° 18 du registre des décès) à Saint Etienne de Corcoué, écrasé par une roche au Landreau en Saint Etienne de Corcoué. Il avait quarante cinq ans, cet événement se déroula moins de deux mois avant la guérison de sa femme, alors qu'elle était à l’hôpital, à Nantes.


                            La maladie de Marie-Léocadie PIPAUD


       Après la naissance de son sixième enfant, encore une fille, le 21 septembre 1892, mal remise de ses couches, Marie-Léocadie commença à souffrir du ventre. Elle fut soignée de février 1894 en août 1897 par le Docteur Moreau de Rocheservière. Le 11 octobre 1894, elle fut opérée à l’Hôtel-Dieu de Nantes par le Docteur Boiffin d'un fibrome utérin. De retour chez elle, à la Gaurie en Saint Etienne de Corcoué, elle bénéficia d'une rémission de quelques mois avant de ressentir, à nouveau, d'intenses douleurs dans le ventre. Elle garda la chambre pendant près de deux ans et fut visitée régulièrement une à deux fois par semaine par le Docteur Moreau.
     En janvier 1897 apparurent des douleurs à la hanche, rendant pénibles les quelques pas qu'elle faisait dans sa chambre.
     En mars de la même année, de nombreuses vésicules purulentes et surtout très douloureuses apparaissent au sein gauche.
     Madame PIPAUD refusait d'être opérée. Le Docteur Moreau la décida cependant à se rendre à l’hôtel-Dieu pour y subir l'opération devenue indispensable. A-t-elle, à cette époque, été opérée par le Docteur Heurtaux ? Cela est possible, à moins que ce ne fut par le Docteur Boiffin car il y a là contradiction entre le récit que Léocadie Pipaud fit de sa maladie à l'Abbé Jaud et une annotation portée au bas du certificat rédigé par le Docteur Moreau.
    Au bout de trois mois, se sentant mieux, elle retourne à Corcoué, mais huit jours après son retour une nouvelle rechute l'oblige à entrer à l'hospice de Corcoué. Le Docteur Caillaud, médecin de l'hospice, après avoir consulté son collègue de Rocheservière, le Docteur Moreau, décide de la renvoyer à l’Hôtel-Dieu de Nantes où le Docteur Boiffin conseille une opération délicate, opération à laquelle assista le Docteur Moreau.
    Le 15 juin 1897, elle aurait été opérée par le Docteur Heurtaux (la lecture logique des documents en notre possession nous laisse penser qu'il s'agit plutôt du Docteur Boiffin), à l’Hôtel-Dieu de Nantes.
     Après trois mois environ de séjour à l’Hôtel-Dieu, Léocadie Pipaud est de retour à Corcoué, mais la rémission est brève. Son mari, entre temps, est mort accidentellement dans une carrière.
Le 15 septembre 1897, de retour à l'Hospice Lejeune, Marie Léocadie est en bien triste état. Le Docteur Moreau pense que la meilleure solution serait une ablationdu sein, mais la mère de Marie Léocadie venue de Saint-Philbert pour soigner sa fille s'oppose à cette opération qui aurait nécessité un troisième voyage à Nantes. Pour sa part, le Docteur Caillaud, qui avait pensé quelques temps que là était la solution pour une possible guérison, y renonça vu l'état de l’oedème.
     En octobre, les Docteurs Moreau et Caillaud revirent la malade alerte et apparemment guérie. Que s'était-il passé?


    Marie-Léocadie se souvenant de la promesse que lui avait faite son mari quelques temps avant sa mort : «Si tu guéris, je te promets un voyage à Saint-Philbert», exprima plusieurs fois le désir d’être conduite auprès du tombeau de Saint-Philbert mais compte tenu de son état, le Docteur Caillaud s’y opposait. Son état empirant, il n’eut plus le coeur de refuser cette joie à la malade et le 2 octobre 1897, accompagnée de Soeur Gabriël, elle prit le chemin de Saint-Philbert. Installée auprès du tombeau, elle resta en prière un long moment avec les personnes qui l’accompagnaient. Elle alla seule embrasser le tombeau et fut conduite à la communauté des franciscaines où elle exprima le désir de manger. De retour à Corcoué, elle entra seule sans le secours de personne : elle était guérie.
     Outre les certificats médicaux délivrés par les Docteurs Moreau et Caillaud, la relation de cette maladie et de la guérison qui suivit a été rédigée par Monsieur l'abbé Jaud, curé de Noirmoutier, d'après les informations données par Léocadie Pipaud avec l'appui des certificats dont il est question ci-dessus.
     Après la rédaction en 1902, du récit de la guérison de Marie Léocadie Pipaud, récit auquel elle apporta quelques corrections mineures, Monsieur l'Abbé Jaud soumit ce texte à l'Abbé H. Dugast, ancien aumônier de l'hospice Lejeune.
     Henri Curé, curé de Tournus, en Saône et Loire, a relaté cet événement dans son livre "Saint Philibert le thaumaturge”. Événement qui lui a été relaté par mademoiselle Biron, propriétaire de l'ancien prieuré, d'abord en 1897 et confirmé en 1901 lors d'une visite qu'il rendit à Mademoiselle Biron.
     Vers la fin du siècle, le sarcophage de saint Philibert étant alors retrouvé, c'est-à-dire après 1863, un entrepreneur de Saint-Philbert, nommé Arthaud, qui soufrait d'une maladie de foie très avancée, condamné par le médecin local et les spécialistes de Nantes et de Paris, fut guéri d'une manière inexpliquée. Le prêtre qui allait lui administrer les derniers sacrements eut l'idée d'une neuvaine à saint Philibert; comme il ne pouvait pas se déplacer, ses amis prirent de la poussière sous le tombeau et la placèrent sous son oreiller, l’exhortant à la confiance : peu après, il était délivré de son mal.


      L'enquête menée aux archives du Diocèse de Nantes n'a pas permis de relever un quelconque intérêt de l'Église pour la guérison de Marie PIPAUD. Seul l'abbé JAUD a tenté en 1902 de réaliser une relation de cette guérison. Un échange de courrier entre mars et juin 1902 entre l'abbé JAUD et l'abbé DUGAST, aumônier de l'hospice Lejeune de Corcoué à l'époque où Marie-Léocadie PIPAUD y était soignée, et concernant un projet de récit de cette guérison, met en scène des représentants de l'église. L'abbé Jaud reconnaît lui-même que cette guérison « nous a été racontée avec les détails les plus circonstanciés par la personne elle-même qui en a été l'objet». A l'appui de ce constat il cite les certificats médicaux délivrés à Marie-Léocadie PIPAUD par le Docteur MOREAU, médecin de la famille qui l'a soignée de février 1894 à août 1897 et le Docteur CAILLAUD, médecin de l'hospice Lejeune de Corcoué, qui l'a suivie et soignée lors de ses séjours en cet hospice. Ces deux certificats sont une énumération des troubles constatés et, sans explication raisonnable, une reconnaissance de guérison. Marie-Léocadie avait pendant sa maladie et plus particulièrement en juin 1897 subi deux opérations réalisées par le Docteur HEURTAUX à l'Hôtel-Dieu de Nantes.
      La foi de Marie-Léocadie, ses souffrances, la mort de son mari et la promesse qu'il lui avait faite de venir en pèlerinage sur le Tombeau de saint Philibert si elle guérissait, l'ont conduite, bien qu'elle fut encore malade à se faire transporter près du tombeau de notre saint et d'y recouvrer la santé. Malheureusement aucun constat ne fut établi des conséquences de cette visite.

 

      Seule la mémoire orale nous rapporte ces faits.

 

    Faut-il y voir une intercession de Philibert, ou seulement les suites heureuses des soins prodigués à Marie-Léocadie PIPAUD ?

                                                                                         

     Étude réalisée par Marcel SCELLOS oct. 1998 / février 1999


(1) Henri Curé. Saint Philibert le thaumaturge p 155- 162
Abbé Jaud. Correspondance avec l'abbé Dugast. Mars juin 1902


   



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