La guerre 1914-1918

 

                            REGARDS DE POILU :

                   1914-1918 à SAINT PHILBERT

 

          LE CONTEXTE DE LA MOBILISATION EN 1914

                       à Saint-Philbert de Grand Lieu

 

     Le samedi 1er août 1914, il fait vraiment très beau dans la campagne de Saint-Philbert de Grand Lieu. Mais, vers 17 heures, le tocsin s’égrène au clocher de toutes les églises alentour. Chacun cesse son activité : le paysan dans son champ, l’artisan dans son atelier, les fiancés dans les bosquets, et se dirige vers le bourg pour y apprendre la nouvelle redoutée, et découvrir l’affiche placardée à la mairie : l’ordre de Mobilisation générale.
    On ne peut qu’admirer l’efficacité des différentes administrations dans la mise en oeuvre rapide de cette Mobilisation générale, sans ordinateurs et sans mails !

   

Jeunes soldats attendant « impatiemment » le départ en gare de Nantes en 1914

 

    La France de 1914 compte 41,6 millions d’habitants (elle ne retrouvera ce chiffre que vers 1950), dont 3 millions à Paris et 3 700 à Saint-Philbert de Grand Lieu.
    Sa démographie est vieillissante et très en retard par rapport aux autres grands pays d’Europe, avec un solde positif annuel de seulement 58 000 naissances (contre 465 000 en Angleterre et 839 000 en Allemagne !) partiellement compensé, depuis 1880, par l’arrivée importante d’immigrés belges et italiens.
    L’espérance de vie n’est encore que de 48 ans pour les hommes et de 52 ans pour les femmes !
L’enseignement n’est obligatoire que depuis les lois Ferry de 1881 et 1882. La population de la France est rurale à près de 80%, et 44% des actifs vivent directement de la terre. Elle compte également 5,5 millions ouvriers dont la journée de travail est encore de 12 heures, et leur repos, dominical, obligatoire depuis seulement 1906. Par le chemin de fer qui a divisé le temps de trajet par 6, l’exode rural a déjà commencé.
    Le 15 juillet 1914, est instauré l’impôt sur le revenu qui sera mis en application à compter de 1916.
    Le Président de la IIIe République en est Raymond Poincaré (du 18/12/1913 au 18/02/1920).


    Depuis l’humiliante défaite de 1870, de nombreuses directives ont été élaborées pour éviter une nouvelle impréparation. La France s’est donc mieux organisée et remilitarisée. Sans parler de l’édification et du renforcement de forteresses aux frontières, les gouvernements ont entrepris des réformes importantes.
    La loi Cissey de 1872 a porté le service militaire à cinq ans, mais par tirage au sort. La loi Freycinet de 1889 l’a réduit à deux ans. La loi Bertaux de 1905 l’a maintenu, mais en supprimant le tirage au sort, et enfin, la loi Barthou de 1913 l’a porté à trois ans. Pour accueillir tous ces soldats, 221 villes de France entretiennent une garnison.
    Depuis 1879, le réseau national de chemin de fer a été très fortement développé dans l’optique de liaisons plus rapides avec les traditionnels et futurs points de conflits prévisibles. Le nombre de trains et wagons (de 34 à 47) a été soigneusement calculé en fonction des troupes à transporter : 1 train pour un bataillon, 7 pour une brigade d’infanterie, 117 pour un corps d’armée !
   Enfin toute l’articulation très complexe d’une mobilisation générale a été définie dans ses moindres détails, dès 1877 et notamment depuis 1904 : besoins de l’intendance, armements, nourriture, rations, hôpitaux, transports, courrier, etc. Et l’on y sent évidemment la patte des officiers polytechniciens.


   Dès le 25 juillet, tous les officiers généraux et les commandants d’unités sont rappelés à leurs postes, ainsi que les permissionnaires.
    Certaines familles commencent alors à stocker des provisions.
    Joffre réclame l’ordre de mobilisation depuis le 30 juillet.
    Le Président en signe le décret le 1er août à 15h45.

 

    Dès 15h55, le décret est adressé par télégramme à chaque préfet, à charge pour lui de prévenir tous "ses" maires. Les petites communes isolées sont desservies par les gendarmes qui remettent au maire, contre récépissé et après vérification, un petit paquet d’affiches de mobilisation,pré-imprimées depuis 1904, et sur lesquelles il suffit simplement d’ajouter la date. Elles devront être bien visibles dans les lieux publics de la commune et à la gare. Le commandant de gendarmerie devra impérativement contrôler la bonne exécution de cette directive.
   

Henri de Guer.Maire de Saint Philbert de 1910 à 1923.

 

    Vers 16h30, le maire, Monsieur de Guer(!), reçoit le télégramme officiel lui annonçant l’ordre de Mobilisation générale. Il fait placarder à la mairie l’affiche pré-imprimée. À lui de demander au curé de la paroisse, l’abbé Château, de sonner le tocsin et d’informer les premières personnes déjà inquiètes.
    L’entrée en vigueur de la « machine » étant fixée au 2 août, le président Poincaré adresse alors une déclaration nationale,qui se veut rassurante, diffusée par la presse et les télégrammes, dans laquelle il déclare : « La mobilisation n’est pas la guerre »…

    Effectivement, l’Allemagne déclare la guerre le 3 août…

    (Et c'est le 12 août que la France et l'Angleterre déclareront la guerre à l'Autriche-Hongrie).


    Mais, dès le 2 août, à Joncherey (Belfort), l'escouade commandée par le caporal Peugeot (21 ans) intercepte la patrouille de cavalerie, en reconnaissance illégale, du sous-lieutenant Mayer (22 ans). Les deux hommes s’entretuent. Ce seront les deux premiers morts de la guerre..
    Le 2 août, est décrété l’Etat de siège (selon des modalités pas tout à fait légales, mais il restera en vigueur jusqu’en novembre 1919 !).
    Conséquence : les maires et préfets perdent immédiatement leur pouvoir de police au profit des autorités militaires. Le ministère de la Guerre et celui de la Marine assurent donc l’entière application de la mobilisation.
    Elle se déroule en 17 jours, du 2 au 18 août 1914, et appelle sous les drapeaux tous les Français de 18 à 45 ans aptes au service militaire, soit 3,7 millions d’hommes (ils seront au total 8 410 000 pendant la durée du conflit, représentant 20% de la population (dont 475.000 " indigènes").

  

À Saint-Philbert, environ 800 hommes seront mobilisés durant le conflit :

– chacun des réservistes possède un livret individuel de mobilisation dans lequel une annexe précise les modalités à suivre pour rejoindre son lieu de regroupement, avec un bon de transport gratuit.
– tous les autres reçoivent individuellement un avis de mobilisation, impératif.
– il y est recommandé d’emmener des effets de rechange, des vivres pour un jour… et d’avoir les cheveux coupés.
    En traversant les abords de la gare rendus boueux par les orages récents et les bestiaux du champ de foire qui les ont piétinés récemment, les hommes du secteur sont regroupés au petit train de Nantes-Legé à Saint-Philbert. Ils sont acheminés vers Nantes et répartis très rapidement entre différentes unités pour être habillés, formés, équipés et armés.

 

Manoeuvres militaires au château du Rocher à Saint Philbert vers 1898

 

   Bien qu’elle soit la première dans notre Histoire, l’organisation de la Mobilisation était en fait planifiée depuis très longtemps et les affectations prévues selon l’âge et le domicile des hommes. Leurs destins injustes seront d’ailleurs liés à ces affectations avec une inégalité flagrante devant la mort : 22% dans l’infanterie, 8% dans la cavalerie et 6% dans l’artillerie .


    Le maire n’aura même pas besoin de prendre contact pour le transport des mobilisés. Dès le 31 juillet au soir, toutes les compagnies françaises de chemin de fer, y compris locales, ont été réquisitionnées. (4 035 trains vont y circuler entre le 6 et le 18 août).
    La commune vit donc un épisode majeur de son histoire. Il va falloir faire face au quotidien : on est en pleine moisson, et bientôt commencent les vendanges. Qui va remplacer les jeunes ? Comment vont vivre les femmes et les familles privées de leurs hommes et désormais sans ressources ? Les commerces et les artisans vont souffrir aussi, et il va falloir gérer les réquisitions.
Autant de questions qui touchent brutalement Monsieur de Guer et les membres de son Conseil municipal. Car, durant tout le conflit, le maire joue un rôle important dans la vie de la commune. Plus que jamais, il sera la courroie de transmission entre les pouvoirs (civil et militaire) et les administrés pour répondre aux sollicitations mutuelles. Chaque jour, ensuite, il recevra une dépêche, le « Bulletin des Communes », à afficher, donnant très brièvement une synthèse de la journée de conflit.


– Le 3 août, est instaurée la franchise postale pour les courriers des mobilisés.
– Le 5 août, une série de lois d’urgence accorde aux femmes de mobilisés nécessiteuses une allocation journalière de 1,25 fr (+0,50 fr par enfant de moins de 16 ans).
– Le 13 août, l’ajournement des loyers (habitations et fermages) est ordonné pour la durée de la guerre.
– Le 25 août, les premiers blessés arrivent à l’hôpital de la Communauté des Soeurs.


    Et les futurs pioupious, observés par des yeux humides sous les coiffes, montent dans les wagons, fièrement encouragés par leurs anciens, revanchards de 1870. Contrairement à l’image d’Épinal, les mobilisés n’ont probablement pas quitté Saint-Philbert « la fleur au fusil ». Leurs pensées profondes étaient plutôt empreintes d'inquiétude, avec l’espoir d’une guerre courte.
 

SPGL : 154          Radyr : 24          Bickenbach : 44

 

     Sans savoir que, le 22 août 1914, le jour le plus sanglant de toute l’Histoire de France, seulement trois semaines après avoir quitté leurs familles, au soir d’une seule journée d’attaques en ligne le long des frontières belges et allemandes, laminés par une avalanche d’artillerie, ils seront déjà ... 23  000 morts !…

 

                 L’ARMÉE

 

               Les hommes partis début août 1914 de Saint-Philbert de Grand Lieu sont rattachés au 11e Corps d’Armée, installé à Nantes depuis 1870, qui regroupe Loire-Inférieure, Vendée, Morbihan et Finistère. Ils sont affectés très rapidement dans leurs différentes unités, dirigés en train vers le Nord et la frontière belge où beaucoup essuieront le baptême du feu dès le 21 août. Ils vont découvrir leurs chefs.                                                                       

     L’Etat Major Français est très hétérogène. Même si, dès 1848, le Général de LAMORICIÈRE, enfant du pays et alors Ministre de la Guerre, s’inquiète déjà du niveau de formation insuffisant de ses cadres et réclame pour les troupes une conscription égalitaire, l’armée française était considérée jusqu’en 1870 comme la meilleure du monde. La défaite très rapide de Sedan, qui a permis l’unification de l’Allemagne, a brisé cette image et développé un très fort esprit revanchard, mais confirme le problème de fonds : malgré un énorme effort de modernisation militaire, l’armée française connaît encore en 1914 un problème d’encadrement. Et ce n’est pas un hasard si la plupart des instituteurs mobilisés (dénommés « les hussards noirs de la République » par PÉGUY en 1913) seront incorporés immédiatement  avec le grade de Lieutenant.

    En 1914, de nombreux officiers supérieurs de l’Etat Major sont sortis depuis longtemps de Polytechnique ou de Saint-Cyr. Mais les nouvelles promotions d’ingénieurs, en raison de salaires insuffisants ont préféré rejoindre la vie civile et le niveau général de compétence technique des autres officiers n’a cessé de baisser.               

    L’impact en est encore ressenti dans le domaine de la conception stratégique (fondée sur celle du colonel du PICQ, initialement prévue pour des opérations « commandos » mais totalement inadaptable à l’échelle d’une compagnie et pourtant reprise ainsi par FOCH et JOFFRE) qui n’a pas évolué depuis 1870 et se résume en une formule simple : l’offensive à outrance. Très coûteuse en hommes, elle sera appliquée dès août 14 dans «la guerre des Frontières», mais atténuée ensuite.

    Et l’on n’a pas écouté non plus les «anciens», comme le général SÉRÉ DE RIVIÈRES, le Vauban du XIXe, réalisateur de l’ensemble des fortifications du front Est et qui avertissait dès 1880 : « On m’a refusé les crédits pour le Nord. Vous verrez, ils passeront par la Belgique ».

 

     

    Autre conséquence également en matière d’artillerie où règne le fameux canon de 75 mais où l’absence d’ingénieurs n’a pas permis de développer le concept et la nécessité d’une artillerie lourde dont l’Allemagne est très fortement équipée. En 1915, les canons lourds des forts défendant Verdun seront ainsi retirés pour appuyer d’autres secteurs… Et durant tout le conflit,  l’artillerie provoquera les 2/3 des pertes…

     Enfin, le lobby des producteurs de garance, (couleur imposée dans les uniformes par Charles X en 1829), cultivée surtout dans le Midi, avait permis de faire vivre jusqu’en 1870  (époque à laquelle la société allemande BASF en a produit une synthèse chimique) des milliers de familles de petits agriculteurs (dont les fils ou petits-fils seront mobilisés et deviendront évidemment des cibles…) et de maintenir l’existence, malgré la disparition depuis les années 1890 de la poudre noire et de son épaisse fumée, d’un uniforme français extrêmement voyant avec une petite casquette et un joli pantalon rouge. Car, à la fin de 1914, l’armée Française est la dernière armée d’Europe depuis dix ans à ne pas être équipée d’uniforme de couleur camouflée et de casque (en 1914, les blessures à la tête provoquent 77% des victimes françaises pour descendre enfin à 22% en 1916…). La décision ministérielle d’abandonner la garance sera prise le 23 juillet 1914… jusqu’à épuisement des stocks, provoquant probablement des dizaines de milliers de morts évitables. Les pioupious français survivants attendront 1915, le bleu horizon et le casque Adrian, pour être, avec leur fusil Lebel, enfin mieux protégés et à armes égales. Et neuf ministres de la Guerre vont se succéder pendant le conflit…

     En revanche, de l’échec de 1870, on a tiré les leçons sur la nécessité d’une bonne organisation de la mobilisation et l’importance d’une bonne intendance. Tout a été calculé et prévu en détail et fonctionnera d’ailleurs comme une horloge. Le ministère de l’agriculture a été associé au processus. Car il faut nourrir tous ces soldats !         

 

    LES RÉQUISITIONS                                          

 

    Nourrir une armée de 4 millions d’hommes en cas de conflit nécessite un fonctionnement parfait des services d’Intendance. L’essentiel de l’approvisionnement en nourriture jadis déléguée à des civils, les Fournisseurs aux Armées, a été rapidement et majoritairement repris en mains directement par les militaires. Il sera bien sûr impossible à l’armée de s’alimenter sur place et toutes les communes de France sont impérativement appelées à fournir le nécessaire selon un contingentement (les réquisitions) très calculé et règlementé depuis 1877 qui représentera, pendant tout le conflit, 20 à 25% des productions locales ! Les « colonies » fourniront également d’importantes quantités de céréales, de vins et de produits divers à faible coût.

 

Loi du 3 juillet 1877 relative aux réquisitions militaires, telle que modifiée par les lois des 5 mars 1890, 17 juillet 1898, 27 mars 1906 et 23 juillet 1911.

                                           

Art. 5. ― Est exigible, par voie de réquisition, la fourniture des prestations nécessaires à l'armée et qui comprennent notamment :  
   1° – Le logement chez l’habitant et le cantonnement, pour les hommes et pour les chevaux, mulets et bestiaux, dans les locaux disponibles, ainsi que les bâtiments nécessaires pour le personnel et le matériel des services de toute nature qui dépendent de l’armée ;
   2° – La nourriture journalière des officiers et soldats logés chez l’habitant, conformément à l’usage du pays ;  
   3° – Les vivres et le chauffage pour l’armée, les fourrages pour les chevaux, mulets et bestiaux ; la paille de couchage pour les troupes campées cantonnées ;  
   4° – Les moyens d’attelage et de transport de toute nature, y compris le personnel ;  
   5° – Les bateaux ou embarcations qui se trouvent sur les fleuves, rivières, lacs et canaux ;  
   6° – Les moulins et les fours ;  
   7° – Les matériaux, outils, machines et appareils nécessaires pour la construction ou la réparation des voies de communication, et, en général, pour l'exécution de tous les travaux militaires.
   8° – Les guides, les messagers, les conducteurs, ainsi que les ouvriers pour tous les travaux que les différents services de l’armée ont à exécuter.
   9° – Le traitement des malades ou blessés chez l’habitant ;  
   10° – Les objets d’habillement, d’équipement, de campement, de harnachement, d’armement et de couchage, les médicaments et moyens de pansement ;  
   11° – Tous les autres objets et services dont la fourniture est nécessitée par l’intérêt militaire. 

 

    Chaque année, aux termes de cette loi, il est donc demandé au maire de faire établir un inventaire précis et complet du cheptel (bœufs, porcs et ovins), des chevaux, voire des pigeons, et des productions communales (blé, pommes de terre, foin, etc.) ainsi que celui des charrettes et carrioles, à deux ou quatre roues, qu’il transmet à l’administration.

    La liste des chevaux et juments de plus de 5 ans, et des mules et mulets de plus de 3 ans, fournie au maire par chaque propriétaire est adressée au service régional de la remonte. Ils sont destinés à la monte et au trait. Une batterie d’artillerie en nécessitant 225, ils seront 750 000 réquisitionnés en France dès le mois d’août 14 (pour un effectif recensé en 1913 de 3 200 000) et qui doivent être présentés équipés d’un harnais, d’un licol et de ferrures en bon état ! Soit 1 900 000 durant tout le conflit dont 60% périront. S’ajoutant aux importations dès 1914 provenant des USA, d’Argentine et d’ailleurs, ce seront environ, au total, plus de 8 millions de chevaux engagés dans tous les théâtres de la guerre qui en « consommera » jusqu’à 35 000 par mois ! Ils passeront, eux aussi sans ménagement, de la paisible charrue à des charrois d’artillerie brutaux et insensés, et du calme de la campagne au fracas de millions d’obus. À raison de 1 sur 5 en moyenne par commune leur absence va contribuer à désorganiser encore davantage la vie agricole.

    Devenu centre de réquisition, et grâce à sa gare située juste à côté de son champ de foire, Saint-Philbert de Grand Lieu centralise dès le 6 août 1914 l’ensemble des productions de chevaux et de bovins de son canton mais aussi celles des cantons de Legé et de Machecoul ! Les horaires doivent être strictement respectés sous peine de lourdes sanctions. Le contrôle est effectué par les officiers de la Commission de réquisition en présence du vétérinaire de Machecoul et sous la responsabilité du maire et conseiller général, Monsieur Henri de GUER, élu en 1910, assisté des quatre premiers membres de son conseil municipal. La même opération se répètera en octobre et en décembre et ensuite très fréquemment jusqu’au 27 février 1919. Cette procédure enlèvera plusieurs milliers de bovins à la commune de Saint-Philbert et aux communes environnantes !                                                                                   

    Il faut imaginer, dès le point du jour, le lourd bruit des charrettes aux roues cerclées de fer sur les pavés du bourg et les hennissements et beuglements régnant au Champ de Foire désormais transformé en vitrine des pr