L'église paroissiale : vitraux et blasons

LES VITRAUX


En ce qui concerne les verrières c’est avec une attention particulière que les artistes furent choisis:  Claudius Lavergne pour les vitraux placés en 1898-1899 et Jean-Jacques Gruber pour ceux placés en 1937.


LES ANCIENNES VERRIERES


Claudius Lavergne pratiquait la technique du vitrail tableau qui utilise l’émail et minimise au mieux l’opération de mise en plomb.
Les verrières du choeur et les deux rosaces du transept présentent des personnages en pied. La chapelle majeure est tout particulièrement remarquable. Au centre, le Saint Patron de la paroisse, Filibert (614-686), abbé de Jumièges et de Noirmoutier. A sa droite et à sa gauche les saints titulaires des autres paroisses du canton : tout d’abord, à gauche, Saint Martin de Tours (316-397), patron de La Chevrolière et antique apôtre de nos contrées et Saint Léobin, évêque de Chartres, patron de Saint-Lumine-de-Coutais. A droite, Saint Colomban (540-615), patron de Saint-Colombin, appelé depuis le 15 juin 1972 Saint-Colomban, et à l’extrême droite Saint-Louis, roi de France qui remplace le titulaire de La Limouzinière, N-D de l’Assomption ; Saint-Louis avait bien sa place : représenter une église de la Vendée militaire ! En haut et en bas de chaque vitrail, un médaillon présente une scène de la vie du saint qu’ils encadrent ; tout à fait en bas, dans un angle le nom de donateurs : le Général et Mme Jamont pour le vitrail de Saint Martin et Fernand Crouan pour le vitrail de Saint Léobin. En bas du vitrail de Saint Filibert, au centre dans un médaillon le portrait de profil du Maire, M. Ludovic Cormerais.

Les trois lancettes (2) de la chapelle de la Vierge, don de la famille Giraudet, nous montrent Marie et ses parents : au centre Marie écrasant le dragon, à gauche Saint Joachim et à droite Sainte Anne. Dans le bas, en médaillons, les trois mystères de la vie de la Vierge : l’Annonciation, l’Assomption et la Visitation.
Dans la chapelle du Sacré-Coeur nous pouvons voir sur le vitrail du centre le Sacré-Coeur, don de la famille de la Robrie de l’Ouvrardière, avec à gauche Saint François de Sales, don de M. Pitard du Landas et à droite Saint Augustin (354-430), don de M. Mouchet ; les médaillons du bas rappellent à gauche l’entretien de Jésus avec la Samaritaine, au centre l’apparition du Sacré-Coeur à Sainte Marguerite-Marie du couvent des Visitandines de Paray-le-Monial et à droite Saint Augustin faisant observer à un enfant qui s’évertuait à vider la mer dans un trou creusé dans le sable, la vanité de ses efforts ; ce à quoi l’enfant lui fit remarquer qu’il était tout aussi déraisonnable de sa part de vouloir comprendre le mystère de la Trinité.
L’éclairage de chacune des chapelles latérales est complété par trois grisailles (3) émaillées de médaillons symboliques, dons des Enfants de Marie, de la famille Brosseau, de Guillaume Biron et de la famille Bournigal de la Souchais.

La rosace du croisillon nord du transept représente en son centre le Sacre de Charles VII à Reims en 1429 avec Jeanne d’Arc en retrait. Autour, douze rayons avec en leur centre les écussons de provinces de France et de familles. Au-dessous de la rosace, le Nouveau Testament représenté par les quatre évangélistes et leurs symboles.
Au croisillon sud du transept le médaillon central représente le Général Lamoricière, enfant de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu mettant en 1860 son épée au service du Pape Pie IX. Autour gravitent les armoiries de familles, parmi lesquelles on remarque, en bas, l’écu d’azur fascé (4)  d’or où brillent les coquilles d’argent, blason du Général, et en haut les armes pontificales. A la base de la rosace l’A
ncien Testament représenté par les quatre grands prophètes : Isaïe, Jérémie,  Ezéchiel et Daniel, les Tables de la Loi, l’Arche d’Alliance et le Chandelier à sept branches, chandelier d’or que Moïse fit placer dans le Tabernacle.

 

LES NOUVELLES VERRIERES

 
Jean-Jacques Gruber (1904-1988), héritier des recherches de son père Jacques Gruber met en œuvre une technique dont le résultat a  un aspect proche des vitraux anciens, ceci grâce à l’emploi de verre teinté dans la masse coulé sur table et l’emploi de plombs.  Inaugurées et bénites solennellement le mardi 6 juillet 1937 par S.E. Mgr Villepelet, évêque de Nantes.  Pressenti par les Beaux-Arts pour la réalisation de deux vitraux dans l’ancienne église, M. Gruber accepta d’historier également les vitraux de l’église paroissiale à condition que M. Moreau, architecte des Monuments Historiques veuille bien collaborer avec lui. Née du désir de relier le présent au passé, chaque lancette représente un saint jadis honoré dans notre région. Les oculus qui couronnent les verrières latérales expriment à l’aide de symboles, généralement floraux, les huit béatitudes, non dans l’ordre où l’Evangile les énonce mais en rapport plus ou moins étroit avec les personnages qu’ils couronnent. Ce qui frappe le plus dans cette succession de personnages, c’est la hardiesse, la noblesse de la composition, le fini du détail et la fermeté du dessin, l’harmonie des couleurs, l’art des nuances et la beauté du verre. En un mot, pour l’artiste une maîtrise parfaite de son art.
 
1re VERRIERE Bienheureux les pauvres de cœur (les humbles), le royaume des Cieux est à eux. Mt 5, 3 Saint Pierre et Saint Paul.
 
2e VERRIERE Bienheureux les artisans de Paix (les pacifiques ), ils seront appelés fils de D ieu. Mt 5, 9 Saint Nicolas et Saint Hilaire.
 
Jusqu’au XIe siècle le sud nantais était rattaché au diocèse de Poitiers dont Saint Hilaire était l’évêque au IVe siècle. Essentiellement pacificateur, il sème les bénédictions en prêchant la Croix, source de paix.
 
3e VERRIERE Bienheureux les (ceux qui sont) doux, ils obtiendront la terre promise. Mt 5, 4 Sainte Catherine et Sainte Marguerite. Sainte Catherine avait son autel dans la petite église, aujourd’hui chapelle du cimetière.  

 
4e VERRIERE Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés. Mt 5, 5 Saint Blaise et Saint Roch.
Saint Blaise patronnait une petite chapelle aujourd’hui disparue. Elle était proche de la Noé, c’est là que nos ancêtres venaient l’invoquer contre toutes les affections de la gorge. Saint Roch est aussi un saint guérisseur invoqué contre les maladies contagieuses en particulier la peste et le choléra. Il était vénéré dans une petite chapelle  aujourd’hui disparue et située au carrefour de Roche-Blanche sur la route de Paulx.

 

VERRIERE DU PORTAIL DE FACADE GAUCHE La Confrérie du Rosaire, instituée à Saint Philbert de Grand Lieu dès 1669 existe toujours. Cette importante confrérie se retrouve dans la plupart des paroisses du Pays de Retz car sa propagation fut appuyée chaleureusement par la duchesse Françoise d’Amboise, carmélite aux Couets.  
 
VERRIERE DU PORTAIL DE FACADE DROITE Autre confrérie qui avait jadis un siège en notre commune : la Confrérie de Toussaint. Au centre, la Sainte Trinité, dans les lancettes Saint Etienne, Saint Laurent, Saint Jérôme.
 
5e VERRIERE Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés. Mt 5,  6 .

Saint Jean Baptiste et Saint Rémy.Ces deux saints qui symbolisent le baptême du Christ et celui de  Clovis ont bien leur place devant le baptistère .  
 
6e VERRIERE Bienheureux les cœurs purs ils verront Dieu. Mt 5, 8
Saint François d’Assise et Saint Mandé. Saint François d’Assise avait un autel dans l’ancienne Abbatiale. Saint Mandé avait un autel dans la petite église du cimetière.  
 
7e VERRIERE Bienheureux les miséricordieux, ils (leur sera fait) obtiendront miséricorde. Mt 5, 7 Saint Eutrope et Saint Sébastien.
Saint Eutrope, premier évêque de Saintes fut très populaire en Saintonge et dans le Bas-Poitou . Sa statue encadrait avec celle de Saint Pierre le maître-autel de  l’Abbatiale.