Episode carolingien

La naissance de l’Europe septentrionale

 

A la suite du déclin de l’empire romain, de l’arrivée des peuples « barbares » d’Asie, de l’expansion des Arabes vers l’ouest, la Méditerranée s’est refermée. Au nord, un nouvel espace s’est ouvert, à conquérir, à dominer, à enrichir au delà du « Limes romain » (lignes de fortifications).

Dans cet espace, les populations romanisées et germaniques s’affrontent, se mêlent, se christianisent, passent sous le pouvoir de chefs ou de rois. Deux régions se dessinent : la Neustrie à l’ouest, l’Austrasie à l’est, dirigées par des rois francs, vite affaiblis par des Maires du palais plus puissants. Ainsi s’affirme la famille des Pippinides (ou Pépinides) avec Charles Martel, puis avec Pépin le Bref qui sera sacré par le pape en 754. Il lègue à son fils Charlemagne, en 768, un royaume agrandi de la Neustrie, Bourgogne, Provence, Bavière. Charlemagne poursuit cette expansion vers le nord, l’est, l’ouest et le sud avec l’annexion du royaume Lombard (voir carte). De ce grand ensemble, Charlemagne rêve de faire un « grand Empire d’occident ». Il est couronné Empereur à Rome par le pape en 800. Il réside à Aix-la-Chapelle dans un palais, au centre de cet empire.


L’Europe septentrionale est ébauchée, avec l’appui structurant de l’église, le développement du christianisme et du monachisme.

Aix-la-Chapelle, trésor de la cathédrale

 

La construction de ce vaste empire sera-t-elle durable ?

Du rêve de Charlemagne, d’une reconstitution de l’empire romain, est née une organisation encore fragile, pour gérer un si grand espace. Déjà aux frontières les dangers s’accumulent : les Vikings au nord et les Arabes au sud. Les partages de l’empire à sa succession assureront l’échec. C’est pourquoi nombre d’historiens qualifient cette période du VII° au IX° siècle « d’épisode, clairière, intermède ou rénovation carolingienne ».
Mais l’essor de l’Europe est en marche, les voies commerciales vers le nord assureront les richesses économiques de son avenir.


                                                               Anne-Marie Gody

 


Les prémices d’une organisation médiévale
 

Organisation gouvernementale


Le palais : Charlemagne, avide de culture, s’entoure de conseillers et amis brillants et érudits représentant également les diversités ethniques de l’empire et du monde chrétien. Parmi eux, trois hauts fonctionnaires. Les autres conseillers sont chargés de tâches qui perdureront pendant tout le Moyen-Age : bouteiller, échanson, sénéchal, connétable…
 

L’assemblée générale : elle est composée des grands laïcs et ecclésiastiques. Les capitulaires sont issus de ses délibérations. Les décisions prises par le palais ou lors de l’assemblée sont transmises aux comtes chargés de la gestion des domaines (environ 300 ), de la levée des armées, de la perception des impôts et de l’exercice de la justice. Sous leur autorité se trouvent les vicomtes et aux échelons inférieurs les viguiers, les centeniers...


Des fonctionnaires itinérants les missi dominici, munis de pleins pouvoirs, sont chargés de veiller à l’application des ordres du souverain. Pour perfectionner cette administration, et comme moyen de gouvernement, Charlemagne impose le latin comme la langue de l’écrit.


Politique commerciale


La monnaie : la première loi sur la monnaie est de Pépin le Bref. Il impose la sienne à son effigie : le denier d’argent (ci-contre) et sa sous-division, l’obole et reprend le monopole de la frappe. Charlemagne en modifie le poids de l’argent, le denier est plus lourd et de plus de valeur, il le rend obligatoire dans tout l’empire.


La stabilité des prix : des poids et mesures identiques, exacts et égaux dans les cités, monastères et domaines. On définit une règle du juste prix : équilibre entre l’offre et la demande et fixation du prix maximal des graines.


Les marchés : ils sont rendus obligatoires dans toutes les cités épiscopales par Pépin le Bref. Ils permettent de surveiller les transactions et d’enrichir le trésor royal grâce aux tonlieux : péages, octrois...


Des marchands professionnels : pour le négoce inter-province et extérieur de l’empire.


Des moyens : amélioration et restauration des voies romaines pour les échanges commerciaux mais aussi pour les troupes armées de l’empire.


Le développement des techniques, des savoirs, des échanges entre les différents pays qui ont composé pas à pas l’Empire, sous l’influence des Peppinides, la forte volonté d’organisation et d’unification de Charlemagne, la paix qui caractérise la fin de son règne, ont forgé ainsi une renaissance culturelle politique et religieuse, une civilisation commune à tout l’Occident. On a appelé cette période « la renaissance carolingienne ».


                                                               Claire Morin


Bibliographie issue du centre de ressources de l’association :
Naissance de l’Europe de Robert Lopez , édition Armand Colin 1962
Le Moyen-Age- les mondes nouveaux-350-950 de Robert Fossier T1, édition Armand Colin 1982
Le monde au Moyen-Age- J P. Genet, carré histoire, édition Hachette 1991
L’Occident Médiéval V°-XIII°, les fondamentaux de Ro bert Fossier, édition Hachette supérieur 1995
Introduction à l’histoire de l’occident médiéval de Catherine Vincent, éd. Livre de poche référence 1995
Le Haut Moyen Age (VIII°-XI°) de Jan Dhont, édition Bo rdas études 1968
Les carolingiens une famille qui fit l’Europe de Pierre Riché, édition Hachette 1983
Le Moyen-Age en occident, Balard, J.P. Genet, M. Rouche édition Hachette supérieur 1990



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