1942 à SAINT PHILBERT

La vie à Saint Philbert  de Grand Lieu en 1942

 

Témoignage de M. Robert CEUIL

 

      Lorsque vous venez de la "Grande rue" (rue de l’Hôtel de ville ) pour partir en direction de Touvois (rue St-François d’Assise), cette rue était, des deux cotés, commerçante, en 1942.

    Sur votre droite, l’Hôtel de la Croix Blanche (actuelle Agence d'Interim) où il y avait foule le dimanche au café. Les repas de mariages se faisaient dans deux salles appartenant à l’Hôtel et situées rue Saint-Jacques.

   Après cet hôtel de « la  Croix Blanche », une épicerie, une pâtisserie (actuellement MMA), une quincaillerie, une boucherie ; après la rue Saint-Jacques, la communauté de St-François dont les murs ont été abaissés. A l’époque, ils étaient nettement plus hauts. Ensuite la demeure de Monsieur E.E. qui faisait le commerce de porcs et avait pas mal d’employés.

     Vous arrivez sur la route « Bonne Fontaine ». A l’angle habitait Monsieur T., préparateur en pharmacie G. de la Grande Rue.

 

En reprenant cette rue de Touvois, à son départ sur la   gauche, la demeure de Maître P.(aujourd'hui rasée) qui avait son étude de notaire à son domicile; ensuite la coopérative dont les gérants étaient M. et Mme Q., il y avait une boulangerie, panification, engrais, matériel agricole dont une batteuse à blé ; à suivre le magasin du peintre Avril, quelques maisons avant la forge de M. Gendronneau  qui avait lui aussi une machine à battre le blé ; épicerie à l’angle de la rue de Verdun. De l’autre coté, toujours à l’angle  de la rue de Verdun  et de la rue St-François d’Assise des bâtiments où s’affairaient des employés du marchand de cochons E.E. ; toujours sur la gauche, en face de la demeure M. E., les ateliers de menuiserie, charpente exploités par les frères R. dont l’un Henri était garde champêtre. Ce dernier passait à bicyclette lorsqu’il avait des annonces, s’arrêtait aux principaux carrefours, faisait vibrer son clairon et devant les gens présents sortait un papier qui commençait le plus souvent par « avis à la population ». Suivait l’annonce ou les annonces que tout le monde devait savoir, car, à cette période de 1942, beaucoup n’avaient pas la T.S.F. C’est comme ça que l’on désignait la radio. Quant aux journaux, très peu les achetaient. La plupart du temps, ils se mettaient à plusieurs afin de partager les frais.

     Après la rue de la Cure, très peu de bâtisses,  si ce n’est un pressoir cave converti actuellement en maison d’habitation et une autre maison avant le grand bâtiment agricole inauguré en 1936, après la campagne.

    Les rues du Fief Glain, les Violettes, les Lilas, l’Impasse des Moulins, ce n’étaient que des terres agricoles. Sur la rue Bonne Fontaine par où était arrivé le sarcophage de St-Philibert  en 836, le Quartier des Courtils était en terrains agricoles.

    Sur la rue de Plaisance, de la rue des Guittières à la route de St-Colomban, des terrains agricoles, idem pour la  rue de Joinville, la rue des Marais.

     St-Philbert a beaucoup changé depuis 50 ans.

    Beaucoup de métiers ont complètement disparu : laveuses, journaliers, maréchaux-ferrants, sabotiers, couturières, un huissier dans la Grande Rue, sages-femmes. Les employés, les ouvriers étaient nombreux, en particulier, à la laiterie. Le ramassage du lait se  faisait avec des charrettes à cheval. Chez le marchand acheteur de cochons E.E., à la scierie P., l’abattage des arbres se faisait à la hache et à l’arpent (les tronçonneuses n’existaient pas). A la pharmacie G., il y avait un laboratoire et l'on fabriquait des pommades. Tous les artisans, charrons (toutes les charrettes, en majorité, les roues cerclées de fer), maréchaux-ferrants, menuisiers, ébénistes charcutiers, bouchers (Maison V.), sabotiers, boulangers, employaient beaucoup d’ouvriers.

 

    A la campagne, la plupart des maisons d’habitation avait leurs places en ciment, certaines avaient encore le sol en terre  battue. Toutes ne possédaient pas l’électricité et, dans la journée, il fallait mettre en état de marche les lampes à pétrole ou à carbure pour les écuries.

 

    A la ville comme à la campagne, les gens vivaient en communauté ; les gens valides avec les enfants, et souvent les « anciens » grands parents, car il n'y avait pas de maison de retraite, ni d’allocations familiales. Les pièces étaient souvent très grandes, une grande table avec bancs et chaises, des lits de coins dans cette pièce ; les naissances avaient souvent lieu à la maison avec l’aide d’une sage-femme ; les gens mourraient à leur domicile, veillés jour et nuit par la famille et les amis avant de passer  par l’église et rejoindre le cimetière.   

                                                                                                   

    Dans cette grande pièce, il y avait une cheminée (très peu de cuisinières), unique moyen utilisé pour le chauffage et la cuisson des aliments. Heureux ceux qui en possédaient une qui ne fumait pas, car il était courant de laisser une porte entr'ouverte pour éviter cet inconvénient. Les chambres n'étaient pas chauffées. Le matin, vous vous leviez dans le noir (il n’y avait pas d’électricité) et le froid, Vous vous débarbouilliez à l’eau froide, lorsque vous aviez pris la précaution, la veille, d’aller en chercher au puits ou à une pompe, rarement à la maison.

 

    En 1942, beaucoup de fermes ou petites tenues (aussi appelée Borderies) de quelques hectares faisaient travailler les bêtes à cornes, vaches, bœufs ou les chevaux (les tracteurs n’arriveront qu’à la fin de la guerre).

    Des routes plus ou moins bien entretenues, pas de stops, ni feux rouges, pas de lignes blanches ! Pour aller dans certains villages qui ne sont pas indiqués, il est courant de passer à pied ou à bicyclette par les champs, car, l’hiver, les chemins de terre sont complètement défoncés par les charrettes à roues de fer, qui servaient pour aller chercher les aliments pour le bétail, en particulier des choux verts. En parlant de choux verts, il y a un nommé M., marié à une personne née D., qui fera le commerce de cœurs de choux verts, les expédiant sur la région parisienne. Il aura son heure de gloire, ses amis, M. G., entre autres, lui avaient offert pour sa fête un bouquet où prônaient des cœurs de choux verts. Ce M. avait  eu le titre de « Roi du Chou Vert »

    Un petit cinéma d’une centaine de places fonctionna pendant quelques années. Il était situé dans une impasse qui donnait rue Ste-Barbe, à coté de l’atelier B., Mme B. en était la gérante. Ce cinéma passait des films d’avant-guerre et des films de propagande allemande dont « Le Juif SUSS ».

    A coté du cinéma était une habitation où logeait un M. T., chiffonnier, qui ramassait les chiffons et les  peaux. Le lapin était tué et dépouillé ; on mettait de la paille à l’intérieur pour le tenir rigide et on vendait les peaux au marchand qui passait dans les rues, annonçant son passage par « Peaux de lapins, Peaux !». Ce T. chantait fort bien, surtout des chansons de Théodore Botrel.

    Il y avait aussi un cordonnier, dans la Grande  Rue, G., réparant les chaussures et vulcanisant les pneus de vélos. Il était mangeur de chats ! Il aurait des problèmes actuellement, mais en 1942, il n’en eut point.

 

    Il y a beaucoup d'oublis sur cette période, mais, 50 ans après, ce n'est pas évident de se souvenir de tout.

                                                                                                                                                              Un mot sur le Prieuré

   .

    En 1942, la famille D tenait une brasserie et habitait le Prieuré. Des sarcophages y furent mis à jour, sarcophages avec ossements et poteries. A l’époque, je l’ai ai vus.   

    La Bière et la limonade se fabriquaient où se trouve le musée avifaune d'Helmut.

Cette brasserie fournissait également des pains de glace aux restaurants et bouchers, entre autres, car il n'y avait pas de frigos ni de congélateurs. Les bouchers, eux, avaient des chambres froides.

    Une fille D., P.  se mariera avec Jean Margraff, officier dans l’armée belge qui prendra sa retraite à  St-Philbert. Il participa, en 1982, à la création du Syndicat d’initiative et de l’Office de tourisme.



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